Faits et événements Toyen, la grande dame du surréalisme
Quatre ans après une grande rétrospective à Prague, une quarantaine de tableaux de Toyen, peintre surréaliste tchèque, a été réunie à une exposition que les Parisiens peuvent voir, ces jours-ci, dans la galerie Les Yeux Fertiles.
Toyen
C'est la rencontre de Toyen avec le peintre Jindrich Styrsky, au début des
années 1920, qui est décisive pour la vie de cette femme originale et
secrète. Marie Cerminova, qui prend le pseudonyme Toyen, créé avec Styrsky
une espèce d'alliance qui permet aux deux artistes de s'inspirer
mutuellement et de se compléter. Après une période cubiste, Toyen et
Styrsky inventent un mouvement artistique original, l'artificialisme,
avant de se joindre au surréalisme. Ils sont membres fondateurs du groupe
surréaliste tchèque qui voit le jour en 1934. Styrsky meurt en 1942.
La peinture par Toyen
Restée seule, Toyen poursuivra son oeuvre. Elle fuira le danger
communiste, rejoindra à Paris son ami André Breton et deviendra, comme
lui, un personnage emblématique du mouvement surréaliste. Elle s'affirmera
comme un peintre capable de développer les principes du mouvement et de
l'enrichir d'une façon personnelle et profonde. L'inconscient, l'angoisse
existentielle, le rêve fantastique et l'érotisme hardi - tels sont les
grands thèmes de ses visions. Elle réussit à les exprimer, à les
matérialiser sur ses tableaux avec une technique picturale de plus en plus
perfectionnée.
L'exposition qu'on peut voir ces jours-ci à la galerie parisienne les Yeux Fertiles réunit des oeuvres créées entre les années 1920 et 1969, à commencer par les toiles pseudo-naïves inspirées encore par les réalités tchèques (Les Rois Mages) et les visions sombres reflétant l'atmosphère de la guerre jusqu'aux compositions typiques du style de Toyen des années 50 et 60. Il s'agit, dans la majorité des cas, de tableaux de collections privées en France et en Suisse. Autant de témoignages sur Toyen, artiste plongée dans le subconscient, qui a su, malgré son adhésion au surréalisme, garder son originalité et éviter pendant toute sa vie les clichés et les pièges de la commercialisation de l'art.
