Faits et événements Trois ans après les attentats du WTC, la lutte anti-terroriste semble sans fin...
Symboliquement, la Palme d'or anti-Bush, Farenheit 9/11, sort en salles tchèques (et slovaques) le samedi 11 septembre. Un documentaire qui a fait déjà couler beaucoup d'encre, depuis son avant-première tchèque, début juillet, au Festival du film de Karlovy Vary, mais qui continue, visiblement, à intriguer la critique : le quotidien Lidove noviny lui donnant, dans son édition de vendredi, une fois de plus le label d'une "manipulation intelligente".
Effectivement, tous les journaux
tchèques consacrent des dossiers au troisième anniversaire des attentats
terroristes de New York. Un regard en arrière, certes, peu réjouissant,
des commentaires où le thème de lutte contre le terrorisme est décortiqué
: quelle leçon à tirer des drames de New York, Beslan, Madrid, Bali,
Djakarta ? Quelle différence entre les manières d'aborder le problème sur
le Vieux continent et outre-Atlantique ? Le monde a-t-il vraiment changé
depuis 2001 ? Jiri Sedivy de l'Institut des relations internationales de
Prague se méfie de l'expression "la guerre contre le
terrorisme". "Cela évoque l'idée d'un conflit linéaire, qui a
une fin, l'idée de la victoire. Mais cette idée est fausse. (...) Nous
savons déjà que ce n'est pas une guerre que l'on peut gagner en trois ans.
Nous examinons les causes du phénomène, nous cherchons des solutions
stratégiques, à long terme. Le fait que nous sommes arrivés-là est très
important", conclue le politologue dans les pages de Lidove noviny.
Farenheit 9/11
Le reporter de la Télévision publique, Michal Kubal, enlevé quelques jours
au
printemps en Irak, nous emmène dans le Bagdad d'aujourd'hui, sa collègue
Petra Prochazkova dresse le bilan de la situation en Afghanistan. On parle
des répercussions des actes terroristes sur le tourisme et l'économie, de
l'ambiance tendue avant les présidentielles américaines, des reflets du 11
septembre dans l'art, de la colère des artistes américains, Bruce
Springsteen en tête, vis-à-vis de George Bush et de sa politique.
L'opinion publique tchèque ne semble pas indifférente. Un exemple pour tous : un certain Zdenek Kaplan de Prague, médecin de profession, a parié un million de couronnes sur la victoire de George Bush aux présidentielles. S'il gagne, il encaissera la moitié de la somme qu'il veut offrir aux familles des victimes de Beslan.