Faits et événements JO - canoë-kayak : un troisième titre consécutif pour Hilgertova ?

17-08-2004 | Guillaume Narguet

Les Jeux olympiques d'Athènes se poursuivent avec, ce mardi, la quatrième journée. Compte-rendu des dernières performances des sportifs tchèques.

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Martin Tenk, photo: CTKMartin Tenk, photo: CTK En canoë-kayak, dans la catégorie slalom monoplace, la double championne olympique Stepanka Hilgertova a terminé 11e des qualifications, ce mardi matin. Qualifiée pour les demi-finales, elle pourra tenter de conquérir un troisième titre olympique consécutif après ceux d'Atlanta et de Sydney, exploit qui la ferait entrer par la grande porte dans l'histoire du sport tchèque. Une autre Tchèque, Irena Pavelkova, s'est également qualifiée, tandis que chez les hommes, Tomas Indruch a terminé à une quatrième place prometteuse avant l'échéance décisive.

En tennis, après sa victoire initiale convaincante contre le Britannqiue Tim Henman, Jiri Novak a déçu en s'inclinant au deuxième tour, en deux manches (4-6 ; 3-6), contre le Russe Mikhail Youzhny. Le seul tennisman tchèque en course reste donc Tomas Berdych, qui n'aura toutefois pas la tâche facile puisqu'il verra se dresser face à lui le Suisse Roger Federer.

Eva Celbova et Sona Novakova, photo: CTKEva Celbova et Sona Novakova, photo: CTK Déception également au tir au pistolet à 50 mètres pour Martin Tenk, médaillé de bronze aux derniers Jeux de Sydney, qui n'est pas parvenu à se hisser, ce mardi, en finale. Il a terminé seulement neuvième avec un point de retard sur le huitième, dernier qualifié.

Enfin, satisfaction en beach-volley pour le duo Eva Celbova et Sona Novakova qui s'est hissé en huitièmes de finale en battant une paire japonaise deux sets à zéro. Une équipe à suivre de près pour la suite de la compétition...

Ivan Hlinka, légende du sport tchèque, est mort

17-08-2004 | Guillaume Narguet

La République tchèque est sous le choc. Ivan Hlinka, le sélectionneur de l'équipe nationale de hockey sur glace, est décédé, lundi, des suites d'un grave accident de la route. Tout un pays orphelin pleure la perte de l'une des plus grandes légendes du sport tchèque, mais aussi d'un personnage hautement apprécié pour le regard qu'il posait sur la vie.

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Ivan Hlinka, photo: CTKIvan Hlinka, photo: CTK Samedi soir, des millions de Tchèques voyaient encore Ivan Hlinka sur leur écran de télévision s'esclaffer du rire de bon vivant qui lui était caractéristique alors qu'il participait à la remise de la Crosse d'or au meilleur hockeyeur tchèque de la saison. Le sélectionneur avait profité de l'occasion pour s'assurer de la participation de Jaromir Jagr, le Zidane du hockey tchèque, à la prestigieuse Coupe du monde qui débutera le 30 août prochain, à Helsinki, contre la Finlande.

La voiture de Hlinka, photo: CTKLa voiture de Hlinka, photo: CTK Lundi, en fin de matinée, Ivan Hlinka revenait de la ville thermale de Karlovy Vary, en Bohême de l'ouest, là où s'était tenue la cérémonie, lorsque sa voiture a été percutée de plein fouet par un camion roulant en contre-sens. Les deux véhicules sont ensuite sortis de la route pour finir dans le bas-côté. Malgré l'arrivée rapide des premiers secours sur place, qui, dans un premier temps, sont parvenus à stabiliser l'état de santé de Hlinka, ce dernier, âgé de 54 ans, a finalement succombé à ses blessures quelques heures plus tard à l'hôpital. De son côté, le chauffeur du camion, qui affirme avoir été victime d'une défaillance de ses freins, reste en soins intensifs.

Sacré trois fois champion du monde comme joueur dans les années 1970, l'attaquant au mythique numéro 21 a porté 256 fois le maillot de l'ancienne Tchécoslovaquie avec laquelle il a inscrit la bagatelle de 132 buts. Fait rare à l'époque du régime communiste, il avait rejoint, à 31 ans, la célèbre ligue professionnelle nord-américaine NHL et le club canadien des Canucks de Vancouver.

Ivan Hlinka en 1978Ivan Hlinka en 1978 En tant qu'entraîneur, il avait ensuite été l'un des principaux artisans de l'inoubliable triomphe de la République tchèque au tournoi olympique dit « du siècle » des Jeux de Nagano, au Japon, en 1998. Dès lors, dans un pays où le hockey sur glace occupe une place particulière dans le coeur de ses habitants depuis les victoires sur l'Union soviétique dans les années 1960, Ivan Hlinka avait été élevé au rang de légende par tout un peuple, le sacre au Mondial en 1999 amplifiant encore un peu plus le phénomène. C'est d'ailleurs pourquoi celui qui fut le premier entraîneur européen à diriger un club de NHL avait été rappelé aux commandes de la sélection après la déception du dernier Championnat du monde organisé devant le public tchèque, en mai dernier. A l'époque, son statut de « légende du hockey tchèque » avait d'ailleurs même été officiellement reconnu et confirmé par la Fédération internationale de hockey sur glace et son président suisse René Fasel :

Ivan Hlinka à Nagano, photo: CTKIvan Hlinka à Nagano, photo: CTK « Ce pays compte tellement de bons joueurs qu'il était très difficile de faire un choix. Mais il est clair que, finalement, nous nous sommes basés sur la grande carrière d'Ivan Hlinka, que ce soit en tant que joueur avec un palmarès rempli de médailles obtenues avec l'équipe de Tchécoslovaquie, ou en tant que coach avec, et c'est sûrement ce qui a été prédominant, la victoire à Nagano. Je crois que gagner la médaille d'or olympique a été très important dans son histoire. Toutes ses participations aux congrès de la Fédération internationale en tant que délégué tchèque ont également joué leur rôle. Personnellement, j'ai beaucoup d'admiration pour Ivan. Aujourd'hui (jour de la remise à Ivan Hlinka du trophée de « légende du hockey tchèque », le 8 mai dernier), il m'a dit qu'il avait été choisi parce que je suis son ami. J'en suis très honoré, et je suis effectivement son ami, mais je pense qu'il mérite amplement son titre surtout pour tout ce qu'il a fait en tant que joueur, entraîneur, fonctionnaire et en tant qu'homme. Pour moi, c'est une très, très grande personnalité du hockey tchèque. »

Les questions sur le passé du nouveau chef du Bureau du gouvernement

17-08-2004 | Václav Richter

Les protestations contre la nomination de Pavel Pribyl au poste de chef du Bureau de gouvernement se poursuivent. On lui reproche d'avoir commandé, en janvier 1989, les opérations brutales de répression de la police contre les manifestations organisées pendant la semaine Palach pour dénoncer l'arbitraire du régime communiste. Ce mardi, environ trois cents personnes se sont réunies devant le siège du cabinet pour signifier au Premier ministre Stanislav Gross leur refus de la nomination de Pavel Pribyl à ce poste important.

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La démonstration devant le siège du gouvernement, photo: CTKLa démonstration devant le siège du gouvernement, photo: CTK Ils étaient nombreux à s'être réunis devant le siège du gouvernement. On remarquait dans la foule toutes les catégories d'âge et aussi de nombreux visages connus. Ils se sont tous montrés sensibles à l'appel du cinéaste Bretislav Rychlik, initiateur de la pétition contre Pavel Pribyl et organisateur de la manifestation. Il y avait aussi la sociologue et ancienne dissidente Jirina Siklova, qui m'a dit: "De la part du Premier ministre, c'est soit une bêtise et l'ignorance des faits, soit une provocation. Il se peut cependant que ce soient les deux choses à la fois. En tous les cas, ce n'est pas diplomatique. Je pense donc que cela en dit long aussi sur la personne du Premier ministre, et pas seulement sur Pavel Pribyl. Si j'étais à la place du Premier ministre, je révoquerais Pavel Pribyl. Il n'est pas si important que cela. Et s'il l'est, cela démontre qu'il y a quelque chose de mauvais dans le gouvernement. Pourquoi Stanislav Gros serait autrement si attaché à Pavel Pribyl? "

Pavel Pribyl, photo: CTKPavel Pribyl, photo: CTK Le Premier ministre a finalement reçu une petite délégation des manifestants dirigée par Bretislav Rychlik. Ce dernier a ensuite informé les manifestants sur cette rencontre: "Le Premier ministre a engagé avec nous un débat qui a eu le résultat suivant: si l'on prouve que M. Pribyl a battu quelqu'un ou commandait les gens qui ont battu quelqu'un, il ne sera pas chef du Bureau du gouvernement. En même temps, Stanislav Gross a ordonné au ministre de l'Intérieur, Frantisek Bublan, d'ouvrir toutes les archives. Nous ne sommes pas cependant une commission de contrôle et nous ne pensons pas devoir prouver quoi que ce soit. Nous avons proposé également que M. Pribyl présente, lui-même, sa démission et facilite ainsi la situation actuelle." Et Bretislav Rychlik d'inviter, d'ores et déjà, son auditoire à participer, dans une semaine, à une autre manifestation lors de laquelle seront projetés sur le mur du siège du cabinet des documents sur les brutalités de la police communiste commises lors des émeutes en 1989.

Pavel Pribyl, sans états d'âme

17-08-2004 | Alexis Rosenzweig

La nomination de Pavel Pribyl provoque de vives réactions au sein de la société civile tchèque. Les informations révélées sur son passé dans les forces de police et dans la fameuse "unité d'intervention" ont ému beaucoup de personnes, encore marquées, quinze ans après, par la brutalité de la répression des manifestations qui avaient précédé la chute du régime communiste. Dans le quotidien Mlada fronta Dnes daté de ce mardi, Pavel Pribyl a tenu à répondre personnellement aux questions que se posent beaucoup de ses concitoyens.

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Pavel Pribyl, photo: CTKPavel Pribyl, photo: CTK A la question cruciale de savoir s'il était en service dans la rue lors de la semaine dite Palach, Pavel Pribyl n'hésite pas à répondre par l'affirmative, en donnant même quelques précisions géographiques. "J'étais dans la rue en janvier 1989, affirme-t-il. Une fois, j'ai été en service dans la rue Jindrisska et ai remonté toute la place Venceslas avec mes collègues, mais il n'y avait personne à ce moment-là."

Pavel Pribyl avoue avoir fait une belle carrière dans la police tchécoslovaque, promu plusieurs fois dans la hiérarchie des forces de l'ordre du régime communiste tchécoslovaque. Un policier zélé donc, à l'époque sans états d'âme: "J'avais des hommes sous ma responsabilité. On me disait où il fallait aller et quels secteurs nous devions boucler. Point." En tant que responsable de ses hommes, Pavel Pribyl, comme à peu près tous ses collègues, prétend ne jamais avoir tabassé de manifestants à coups de matraque, "car il [lui] fallait rester quinze mètres en arrière pour avoir un oeil sur tous les autres".

Curieusement, Pavel Pribyl était en vacances en novembre 1989, au moment où le régime a réellement basculé. Il indique avoir repris le service le lundi d'après, alors que tout était déjà joué. Il a ensuite poursuivi sa carrière, d'abord à l'école de la police, où il enseignait, entra autres, les techniques de combat. Ensuite, comme l'a souligné Stanislav Gross pour justifier sa nomination, il a, en tant que responsable, permis de boucler quelques dossiers compliqués dans la région de Bohême centrale, dont notamment trois affaires de meurtres. C'est à ce moment-là qu'il rencontre l'actuel Premier ministre pour la première fois. Pavel Pribyl ne semble pas douter outre mesure. Il confie au journaliste qu'il ne voit pas de raison de démissionner du poste auquel il vient d'être nommé. Pas de réel mea culpa, donc, juste un petit mot pour finir : "En résumé, je dirais qu'aujourd'hui, évidemment, tout ça n'était pas bien".

La Tchéquie et le SIDA

17-08-2004 | Jaroslava Gissübelová

Il y a cinq ans, le premier foyer pour les personnes atteintes du SIDA a été ouvert en République tchèque. Il se trouve dans le 8e arrondissement de Prague - Karlin, et son nom est symbolique, la Maison de la lumière. Le 11 août dernier, il a fêté ses cinq ans d'existence. Dans les locaux du futur Café positif qui est en train de naître dans la Maison et sera ouvert au grand public, le président de la Société tchèque du SIDA, Vaclav Strouhal, a été l'invité de Jaroslava Gissubelova:

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La Maison de la lumière, photo: www.aids-pomoc.czLa Maison de la lumière, photo: www.aids-pomoc.cz "La Société a été fondée en 1989. Elle n'avait pas, alors, de contacts avec les malades du SIDA et ses activités se résumaient uniquement à la prévention. Ceci a changé en 1993, avec l'arrivée du nouveau président, Jiri Horsky, lui-même atteint du VIH. Il a été le premier en République tchèque à lancer l'idée d'ouvrir à Prague une maison de la lumière, à l'instar de "Leighthouse" en Suisse. Hélas, il est mort, et c'est moi qui ai pris le relais, après mon élection, en 1997.

La Maison de la lumière, photo: www.aids-pomoc.czLa Maison de la lumière, photo: www.aids-pomoc.cz Le 11 août 1999, la Maison de la lumière a pu être inaugurée, grâce à la mairie de Prague 8 qui nous a loué les locaux, pour une période de vingt ans et contre un loyer symbolique d'une couronne. Lors de ses cinq ans d'existence, 90 personnes y ont trouvé un asile à long terme, et plusieurs autres milliers y sont venus pour une consultation médicale ou sociale. La maison pratique les tests du SIDA, qui sont anonymes et gratuits. Notre pays est parmi les moins frappés au monde - moins de 700 cas enregistrés et 109 morts. Consciente que la situation est beaucoup plus grave dans le monde, la Maison de la lumière collabore, déjà même avant le 1er mai 2004, date de notre adhésion à l'U.E., avec le centre pour réfugiés auprès du ministère de l'Intérieur, pour pouvoir accorder un asile anonyme aux réfugiés séropositifs.

Nous ne cessons d'accentuer la prévention. Elle est pratiquée en premier lieu dans les écoles et, ce qui est important, par ceux qui ont une expérience personnelle du VIH. Le contact direct avec le malade permet de prendre pleinement conscience de tous les risques. A l'avenir, la Maison de la lumière pense élargir la prévention à des groupes à risque: les jeunes gays, les toxicomanes, les détenus, les sans-abri et la communauté rom qui reste une grande inconnue..."

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