Faits et événements Premier tour des présidentielles slovaques vu de Tchéquie
En Slovaquie, ce week-end était placé sous le signe de deux votes : le premier tour des présidentielles et le référendum sur les législatives anticipées. Comment les résultats sont-ils perçus en Tchéquie ?
Ivan Gasparovic et Vladimir Meciar, photo: CTK
Les titres des trois grands quotidiens tchèques sont des plus éloquents.
Pour Mlada fronta Dnes, c'est « Le choc slovaque : victoire de Meciar ».
Lidove noviny s'en tient à annoncer « Meciar a largement remporté le
premier tour ». Pour Pravo, « Meciar est de nouveau en jeu ». En effet,
l'ancien Premier ministre slovaque, Vladimir Meciar, a remporté le premier
tour des présidentielles slovaques avec plus de 32 % des voix exprimées.
La surprise vient du fait qu'il devance de plus de 10 % l'autre candidat
qui s'est qualifié pour le second tour du 17 avril, Ivan Gasparovic, un de
ses anciens compagnons de route dans les années quatre-vingt-dix. A la
suite d'une discorde entre les deux hommes, Gasparovic avait fondé son
propre parti, Le mouvement pour la démocratie. La surprise, c'est aussi
une cuisante défaite pour le candidat gouvernemental, Eduard Kukan,
troisième avec 22 % des voix, donc éliminé pour le second tour. Le
président actuel, Rudolf Schuster, n'a recceuilli qu'un peu plus de 7 %.
Les présidentielles n'ont vu la participation que de 47,9 % des électeurs
slovaques.
Les médias tchèques s'intéressent aussi au second vote slovaque de ce week-end. Ils constatent que ce qu'on attendait un peu s'est réalisé : le référendum sur la tenue de législatives anticipées n'est pas valable. Pour qu'il le soit, il faut, en effet, la participation d'au moins 50 % des électeurs. Ils n'ont été que près de 39 % à se rendre aux urnes.
Le Premier ministre Vladimir Spidla, photo: CTK
Du côté officiel tchèque, le Premier ministre, Vladimir Spidla, déclare,
dans le quotidien Lidove noviny, que la victoire de Meciar ne l'a pas
surpris. Par contre, il est légèrement surpris par la défaite d'Eduard
Kukan, l'actuel ministre des Affaires étrangères. Pour le Premier ministre
tchèque, les présidentielles au suffrage universel sont toujours les
élections d'une partie du peuple. Le chef du cabinet tchèque est certain
que le président slovaque, quel qu'il soit, continuera à développer les
bonnes relations tchéco-slovaques. Même dans le cas de l'élection, au
second tour, de Vladimir Meciar. Le président de la République, Vaclav
Klaus, s'est refusé à tout commentaire. Après le second tour, le 17 avril
prochain, il se pourrait bien que deux hommes qui ont divisé l'ancienne
Tchécoslovaquie, Vaclav Klaus et Vladimir Meciar, se retrouvent en tant
que présidents de ses descendantes, la Tchéquie et la Slovaquie, pour
entrer ensemble, le 1er mai, dans l'Union européenne.