Culture sans frontières Après le velours : la nouvelle exposition de la Maison A l’anneau d’or
A l’occasion des vingt ans de la révolution de velours, la Galerie d’art contemporain de la ville de Prague propose depuis la fin de l’année 2009 une nouvelle exposition permanente intitulée : « Après le velours »...
Jakub Nepráš
Les soixante-cinq artistes représentés dans cette nouvelle exposition
sont des artistes reconnus ou de jeunes créateurs qui, peu à peu,
commencent à se faire un nom dans le monde de l’art. D’Adriena
Šimotová à Ondřej Brody, de Milan Grygar à Dominik Lang, en passant
par le très médiatique David Černý ou l’étoile montante de l’art
contemporain Jakub Nepraš, quinze sections réparties sur quatre étages
donnent une idée assez précise de la création contemporaine tchèque
des
années 1960 à nos jours.
Sandra Baborovská
Les commissaires de l’exposition Karel Srp et Sandra Baborovská ont
volontairement conçu toute l’exposition ‘Après le velours’ de
façon thématique. Sandra Baborovská :
« Ce n’est pas chronologique car nous n’avions pas envie de faire une récapitulation historico-artistique. En plus, nous présentons ici de nombreuses œuvres qui ne sont pas encore répertoriées dans l’histoire de l’art. Au-delà, ce qui nous intéressait, c’était plutôt de voir les confrontations entre les générations, de voir comment les artistes pensent à vingt ou quarante ans de différence. »
Jiří Sopko
De cette différence de génération et d’âge étalée sur une
cinquantaine d’années, on peut dire que la coupure est nette entre ceux
qui ont créé sous le communisme et ceux qui ont développé leur art
dans
une société libre. Sandra Baborovská :
« Je pense que la différence principale est dans le fait que la génération précédente s’intéresse plus au monde intérieur. Leurs oeuvres sont plus introspectives. La jeune génération est plus intéressée par le monde qui les entoure et par ses aspects sociaux. »
Karel Malich
L’exposition entière est bâtie sur un dialogue inter-générationnel
entre les œuvres, un reflet des deux générations dont sont issus les
deux commissaires, entre Karel Srp, un des fondateurs de la Section Jazz
et
spécialiste du surréalisme, et la jeune Sandra Baborovská :
« Je suis allée à la rencontre des jeunes artistes pour collecter des œuvres qui ne faisaient pas partie de collections pour la plupart. Karel Srp connaît quant à lui toute la scène artistique autour de Karel Malich, Zdeněk Sýkora, etc. Mais ce n’était pas systématique. Moi aussi j’ai eu des idées pour la ‘vieille’ génération. Par exemple, ici, le cycle de visages d’Adriena Šimotová. Ce sont des pigments sur du verre qui représentent des visages flous. Ces œuvres intimes et intérieures, nous les avons confrontées avec les visages de Josef Bolf. Et il se passe exactement ce que nous voulions : les œuvres viennent ainsi se compléter. »
David Černý
Ces confrontations, ces mises en parallèle des œuvres permettent de les
réactualiser. Et l’œuvre d’art réalisée il y a trente ans peut
ainsi être vue sous un angle tout nouveau. Parmi les artistes
représentés ne manque évidemment pas l’enfant terrible de l’art
contemporain tchèque David Černý. Où l’on découvrira que sa
sculpture Entropa, qui a tant fait parler d’elle au moment de la
présidence de l’UE, ne venait pas de nulle part. A la galerie A
l’anneau d’or sont présentées cinq énormes sculptures représentant
aussi ces sortes de puzzles composés de modules détachables. Cette fois,
avec toujours autant de sarcasme voire d’autodérision, les modules
représentent une rock star, un artiste, un commissaire d’exposition en
pièces détachées...
