Pays du tourisme L’hydromel de Třebařov
L’hydromel (medovina) va bien avec Noël. D’ailleurs partout en Bohême et en Moravie, on vend sur les marchés de Noël de l’hydromel à l’ancienne, à l’amande, à la cannelle et bien d’autres sortes. L’hydromel se boit à la température ambiante ou chaud. Dans les deux cas c’est une boisson délicieuse, qui en plus a des effets curatifs. Apparemment ce liquide est bénéfique pour guérir les ulcères de l’estomac et du duodénum pour sa forte concentration en miel. Mais attention, il faut que ce soit de la vraie medovina car malheureusement il y a des marchands qui vendent du faux hydromel, dans lequel il n’y a aucune trace de miel, juste l’arôme. Une des medovina les plus renommée est celle de Třebařov, commune pittoresque située en Moravie, dans la région de Hřebečsko (Schönhengstgau).
Třebařov
La région de Hřebečsko était jadis peuplée par les Allemands. Suite à
leur expulsion après-guerre, les Moraves sont revenus sur le territoire.
Les villes de Moravská Třebová (Mährisch Trübau) et Svitavy (Zwittau)
étaient le centre de Hřebečsko. La commune de Třebařov, située à
peine à neuf kilomètres de Moravská Třebová, a été probablement
fondée en 1267. C’est à cette date que Boreš de Rýzmburk a fondé le
cloître Corona S. Marie où résidaient les moines de l’ordre de Saint-
Augustin. Il vaut certainement la peine de visiter la ruine du cloître qui
est le monument le plus ancien de la commune. Il est aussi intéressant de
se rendre à l’église de la sainte Trinité. On dit que les habitants de
Třebařov sont forts et durs, qualités dont le symbole est le rameau de
chêne qui fait partie des armoiries de la commune. Le paysage vallonné et
boisé entourant Třebařov invite aux balades. Pour les amateurs de vélo
il y a un dans cette région un lacis de pistes cyclables.
Ivana Bakrlíková et son père Karel Buben, photo: Archives de Ivana Bakrlíková
Třebařov n‘est pas uniquement une commune jolie à visiter, mais aussi
l’endroit où l’on produit de l’hydromel (medovina), boisson
inventée probablement par les Celtes. Déjà le grand-père paternel
d’Ivana Bakrlíková, copropriétaire de l’entreprise de production
d’hydromel, se consacrait à l’apiculture et produisait ce délicieux
liquide, mais juste pour usage domestique. Puis le père de Madame
Bakrlíková a continué à suivre la trace de son père en apiculture.
Actuellement la famille se consacre surtout à la production d’hydromel,
tout en gardant une petite production à niveau local de miel. Madame Ivana
Bakrlíková nous explique comment la famille est passée de l’apiculture
à la production d’hydromel.
Photo: Archives de Ivana Bakrlíková
« En 1990, les prix d’achat du miel était très bas. Mon père
refusait de vendre parce que le revenu ne correspondait pas au travail
investi. Les abeilles exigent beaucoup de soin, donc du temps. Comme le
travail n’était plus rentable, il s’est mis à étudier dans les
archives les anciennes formules du mode de cuisson de la medovina
(hydromel). Puis avec ces formules, et aussi celles de mon grand-père, il
a commencé à en produire pour usage domestique. On en faisait goûter à
nos amis et successivement mon père modifiait le mode de production.
Actuellement nous avons nos propres formules qui restent un secret de
fabrication. Comme tout marchait bien, mon père a acheté des réservoirs
et a commencé à produire de la medovina en plus grande quantité.
Estimant que c’était un bon projet d’investissement, j’ai commencé
à livrer la medovina dans les magasins. Je cherchais aussi de nouveaux
clients et des débouchés. Peu à peu je me suis lancée dans la
production. Au début mon père m’aidait beaucoup. J’ai fait construire
dans ma ferme une salle de production de la medovina et j’essaie d’en
produire toute seule, évidemment avec le soutien de mon père.»
Photo: Archives de Ivana Bakrlíková
La famille produit sept sortes de medovina : la medovina à l’ancienne,
(staročeská medovina), princière (knížecí), conventuelle,
(klášterní), amer aux herbes (bylinná hořká), à la cannelle
(skořicová), aux amandes (mandlová) a aux noix (ořechová). Puis aussi
la medovina millésime qu’ils laissent vieillir en fût de chêne ou en
barrique.
Photo: Archives de Ivana Bakrlíková
«Nous avons acheté une barrique française et nous avons laissé
vieillir la medovina pendant une année, pour voir ce que cela donnerait.
Elle était très bonne et cette année on a déjà vendu un lot de la
barrique. Nous voulons donc continuer à en produire en barrique. Il y a
trois types de barriques dont la qualité dépend de la cuisson du tonneau.
Le tonneau est fin ou plus épais, par la suite l’arôme de la barrique
se fait sentir plus intensément dans le vin ou dans la medovina. Même que
la medovina aspire moins le barrique que le vin parce qu’elle est plus
épaisse et a beaucoup plus de teneur en sucre.
Photo: Archives de Ivana Bakrlíková
Puis il y a des fûts en
bois de chêne qui sont utilisés juste pour le vieillissement de la
medovina. Nous n’exportons pas mais quand les clients voyagent à
l’étranger ils en achètent pour offrir comme une spécialité locale.
Nous avons des amis en France auxquels nous en apportons et ils sont
satisfaits.»
Photo: Archives de Ivana Bakrlíková
Pratiquement tout le miel produit par les abeilles de la famille est
consacré à la production de l’hydromel (medovina) et le père d’Ivana
Bakrlíková se consacre tout de même toujours à l’apiculture. La
famille possède quatre stations de ruches. Trois se trouvent dans la
forêt et une derrière la ferme de Madame Bakrlíková, à Třebařov. La
production du miel est locale et le produit final est destiné à la
famille, aux proches, aux amis et aux clients habitués.