Pays du tourisme L’Avent dans la Vallée de Christophe
Direction aujourd’hui une petite commune dans le nord de la Bohême au nom poétique de Kryštofovo údolí, la Vallée de Christophe. Ce village de 250 habitants, non loin de Liberec, est depuis 2002 classé réserve protégée pour son architecture paysanne que des milliers de touristes viennent admirer chaque année. La Vallée de Christophe est également connue pour son horloge astronomique qui est l’unique horloge paysanne en République tchèque, et par sa crèche en plein air dédiée à la commune par le peintre Josef Jíra surnommé le « Chagall tchèque ». Depuis le week-end dernier, la crèche est illuminée et ses figurines mises en mouvement, et les visiteurs peuvent l’admirer jusqu’à la fête des rois mages.
La crèche de Kryštofovo údolí
La crèche de la Vallée de Christophe est constituée de plusieurs
dizaines de statuettes en bois, sculptées et colorées, dont quelques-unes
font 3 mètres de haut. L’enfant Jésus, Joseph, Marie, les rois mages,
les chameaux, les bergers et leurs moutons représentent une scène longue
de 16 mètres. Son auteur a passé quatre mois de travail à ciel ouvert
avant que son œuvre soit achevée, en 1999. L’illumination de la
crèche, le 29 novembre dernier, était l’occasion de commémorer le 80e
anniversaire de la naissance de l’artiste disparu il y a quatre ans. Plus
de 300 personnes ont assisté à l’événement. Le maire de la Vallée de
Christophe, Pravoslav Svačinka ne pouvait manquer à l’appel :
« Cette année, c’est la dixième fois que nous inaugurons l’Avent de cette façon. Une nouvelle tradition, très agréable, est ainsi née : j’aime m’arrêter devant la crèche lorsque je rentre, le soir, et c’est plus beau encore quand il y a de la neige… »
L'horloge de Kryštofovo údolí
Outre la crèche, la Vallée de Christophe attire les touristes par son
horloge originale. Martin Chaloupka auquel on a confié l’illumination de
la crèche est le père spirituel de cette horloge et, à la fois, son
architecte, son bâtisseur et son investisseur. L’horloge a été
aménagée dans la tour d’un ancien poste de transformation électrique
voué à la démolition :
L'horloge de Kryštofovo údolí
« Deux figurines seulement de cette horloge sont statiques : sainte Barbe
et saint Christophe, les autres bougent, comme ce veilleur qui porte aux
lèvres sa trompette pour sonner l’heure, ou ce petit chien qui court
autour de lui. »
Vingt-deux figurines composent cette horloge : hormis sainte Barbe, patronne des mineurs – car une colonie de mineurs a été fondée dans la vallée en 1528, et saint Christophe en tant que patron de la commune, toutes les autres statuettes sont mobiles. Le départ est donné par le veilleur qui sonne l’heure, donnant le signal à une activité primordiale à la campagne : le nourrissage des animaux domestiques comme les vaches, les poules et les oies. La scène continue par une image connue des autres horloges : l’apparition des douze apôtres.
L'horloge de Kryštofovo údolí
En 2006, Martin Chaloupka a obtenu le feu vert des autorités à la
réalisation d’une horloge paysanne, ainsi qu’une dotation pour
l’achat de la partie mécanique de l’horloge et de deux cloches. Son
œuvre minutieusement travaillée jusqu’aux moindres détails tels que le
pompage d’eau dans la partie inférieure du relief et l’installation
d’un cadran solaire sur la façade sud, a été pour la première fois
présentée au public le 1er décembre 2007. Tous les éléments ont été
fabriqués par le serrurier du village et l’horloge n’aurait pas pu
être achevée sans l’aide de l’atelier de forge :
« C’est l’œuvre du forgeron d’art Jan Nikenday qui est aussi, entre autres, l’auteur du chevalier qui orne la mairie de la ville de Liberec. »
L’horloge sonne tous les quarts d’heure, le signal étant transmis par satellite.
Kryštofovo údolí
La commune de Kryštofovo údolí se compose de trois parties longeant la
vallée de la rivière Neisse. D’après la légende, la commune
s’appelle d’après le charbonnier Christophorus, le premier homme venu
s’installer dans cette vallée riche en minerai de plomb et de fer. Cette
exploitation a cessé après 1750 pour être remplacée par la calcination
de la chaux et du bois. 1859 a été un tournant dans la vie de cette
commune à l’écart du monde, avec la construction d’un viaduc sur la
ligne reliant Liberec et la ville de Saxe, Zittau. Avec ses 30 mètres de
hauteur, 200 mètres de longueur et ses 14 arcs, le viaduc représente un
monument technique remarquable.
L’église de Saint-Christophe
La Vallée de Christophe, nous l’avons dit au début, est classée site
protégé pour son degré de conservation de l’architecture populaire
typique de la région des Sudètes. En premier lieu, citons l’église
baroque de Saint-Christophe, de 1683.
L’église de Saint-Christophe
C’est en fait l’unique
construction à colombage recouverte d’ardoise qui se soit conservée
dans la région. Les murs et le plafond de l’église sont ornés de
quinze fresques représentant la vie du Christ.
Le cimetière local est tout à fait unique en son genre avec ses
peintures représentant le thème de la danse macabre. Des vestiges du
cycle culminant par un « memento mori » – locution latine signifiant « souviens-toi que tu mourras », sont encore visibles sur les murs.
La morgue de cimetièreCette
forme d’expression artistique était le résultat d’une réflexion sur
la vie et la mort à une période où celle-ci était plus présente et
plus traumatisante, par exemple durant les guerres, les famines et la
peste, des épreuves qui n’ont pas épargné la vallée.
A deux pas du cimetière, un atelier de céramique de Jaroslav Lada se
trouve dans la paroisse baroque. Une autre surprise nous attend dans
l’auberge « Chez Christophe ». Au premier étage, une exposition de
plus d’une vingtaine de crèches, matériaux, dimensions et époques
confondus. La plus ancienne d’entre elle porte la date de 1848. Il y a
des raretés comme la crèche Müller de style oriental ou encore une
partie de la crèche mécanique de Franz Pohl du Tyrol. Cette exposition
est permanente et se visite pendant les week-ends.