Faits et événements Les Tchèques restent les premiers consommateurs de cannabis en Europe
Les jeunes Tchèques restent en première position de l’échelle européenne de consommation de cannabis et d’ecstasy. Pour ce qui est du cannabis, notre pays détient même, et de loin, une triste primauté. En revanche, la Tchéquie affiche un recul de la consommation de drogues dures, à la différence de l’Europe où la consommation de cocaïne est en augmentation. Un fait légèrement positif : le nombre de délits commis en rapport avec la drogue est en baisse en République tchèque. C’est ce qui ressort du rapport annuel 2009 de l’agence sur les drogues de l’UE qui a fait le tour des 27 Etats membres de l’UE, plus la Croatie, la Turquie et la Norvège.
Selon ce rapport, 44% des Tchèques de moins de 24 ans ont fumé un joint.
La moyenne européenne est de 30%. La Tchéquie constitue une exception
parmi les Etats européens dans lesquels la popularité de cette drogue
est
en baisse après avoir atteint son apogée dans les années 1990. En 2008,
la police tchèque a démantelé 80 importants lieux de plantation de
cannabis situés pour la plupart dans des résidences. Elle a saisi près
de 400 kilogrammes de marihuana.
D’autre part, la Tchéquie connaît moins de crimes commis en rapport avec le cannabis, 29% seulement, par rapport à l’Europe où ce nombre varie entre 55 et 85%. L’explication en est que c’est la métamphétamine, la drogue traditionnellement fabriquée en Tchéquie, qui est responsable de 60% des délits liés à la drogue. Selon Jiří Pressl, médecin chef de l’association Drop in qui aide les toxicomanes, notre pays reste le premier laboratoire européen de la pervitine en Europe et la pervitine reste la première drogue des Tchèques.
Que fait la Centrale nationale anti-drogue pour y faire face ? On écoute
son directeur Jakub Frydrych :
« Nous ne cessons d’exercer une pression systématique pour démanteler les lieux de production, nous œuvrerons en vue d’obtenir les changements législatifs liés à la vente des médicaments contre la grippe contenant de la pseudoéphedrine pour limiter la production illégale de la pervitine. Pour illustrer notre travail – en 2008, la police tchèque a démantelé 434 laboratoires de pervitine à domicile. »
Autre fait que révèle le rapport sur le phénomène de la drogue en Europe : la consommation de cocaïne est en progression dans l’ensemble de l’Europe, à l’exception de la Tchéquie où le nombre des usagers s’est stabilisé à près de 10 000. Jiří Pressl de Drop in précise :
« Cette vague a frappé naturellement aussi la Tchéquie, mais
plutôt le
groupe de ‘Hight society’, des gens aisés, adultes, qui savent
maîtriser l’usage, et ne se retrouvent pas dans des problèmes qui les
conduiraient jusqu’à notre centre. Mais pour les autres, c’est la
pervitine la première drogue de choix. »
Le rapport dit aussi que les organes de l’Etat restent toujours un pas
derrière les trafiquants de drogues. Pour le directeur de la centrale
nationale anti-drogue, cela est dû à la logique même de la drogue.
Aucun
Etat n’est vainqueur dans cette bataille, peu importe s’il pratique
une
politique de répression ou pro-libérale. Le moins que l’on puisse
faire
est de chercher à minimiser les dégâts.


