Faits et événements Grande rétrospective de l’œuvre de Josef Čapek, artiste éclectique

13-10-2009 14:14 | Anna Kubišta

Jusqu’au 17 janvier, la salle du Manège au Château de Prague présente une grande rétrospective des œuvres de Josef Čapek. Josef Čapek, artiste aux multiples facettes, indissociable de son frère Karel, l’écrivain, sans lui être réductible.

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Josef ČapekJosef Čapek Ce sont des centaines d’œuvres, de tous styles et sur tous supports, que l’on peut découvrir, pour certaines pour la toute première fois, au Manège du Château de Prague. La dernière rétrospective de cette ampleur consacrée à Josef Čapek remonte à 1946, hommage posthume à l’œuvre variée de l’artiste prématurément disparu dans le camp de concentration de Bergen-Belsen. Les commissaires de l’exposition sont allés chercher jusque dans les collections privées pour dénicher des œuvres jusqu’alors inédites. Peintures, gravures, dessins, affiches, illustrations, l’exposition permet de saisir tout l’éventail du gigantesque travail de Josef Čapek. Pavla Pečinková est spécialiste de Čapek et une des commissaires de l'exposition :

Photo: CTKPhoto: CTK « Čapek se sentait avant tout peintre. Il considérait le journalisme, les caricatures, les illustrations, la scénographie comme un mal nécessaire parce qu’il fallait bien gagner de l’argent. Mais il ne considérait pas pour autant cette création comme marginale : il lui consacrait la même attention qu’à sa création libre. »

Très tôt influencé par le cubisme, Josef Čapek n’en a pas moins un style éclectique qui lui fait tout aussi bien composer des tableaux naïfs ou des caricatures. Une variété qui, parfois, l’a desservi dans l’interprétation de son œuvre. Pavla Pečinková :

Photo: CTKPhoto: CTK « C’est un peu le schéma traditionnel de l’avant-garde à partir duquel Capek a été évalué pendant des années. Aujourd’hui, après le post-modernisme, on a tendance à apprécier chez Josef Čapek sa liberté intérieure et son indépendance. Dans cette exposition on peut lire un de ses principes : trouver et établir ses propres règles et maîtriser son œuvre par sa règle à soi. Atteindre sa propre liberté. Dans l’entre-deux-guerres, cela voulait dire : ne pas suivre la tendance, rester soi-même. »

Photo: CTKPhoto: CTK Josef Čapek est resté lui-même. Il en a également payé le prix puisqu’il s’engagea, comme d’autres intellectuels, et fut le fer de la lance de la critique de l’Allemagne nazie. Ses derniers cycles de peinture, Le feu et Le désir, sont des témoignages forts de la montée des périls. En 1939, il est arrêté par la Gestapo et passera six ans de camp en camp avant de mourir du typhus quelques mois avant la fin de la guerre.

Tous les Tchèques connaissent les frères Čapek, et tous ont grandi avec les charmantes histoires de Josef Čapek. L’exposition permet d’appréhender l’oeuvre d’une vie dans son ensemble. Lucie Novotná vit à Brno. Elle a fait le déplacement depuis la métropole morave juste pour venir admirer les oeuvres de Josef Čapek :

'La fille avec les marguerites''La fille avec les marguerites' « Je suis venue exprès parce que j’adore le travail de Josef Capek et je n’avais jamais vu ses œuvres en vrai. Je suis très contente que cette exposition ait lieu. Comme chaque Tchèque, je connaissais les histoires de chien et chat, et ses contes. Ici, ce qui me plaît le plus, ce sont ses tableaux cubistes d’après 1910. J’aime beaucoup parce que je comprends ce qu’il veut exprimer, ce qui n’est pas toujours le cas chez les autres cubistes. »

Traité de Lisbonne : le gouvernement de Jan Fischer prêt à négocier sur la nouvelle requête de Václav Klaus

13-10-2009 14:14 | Alena Gebertová

Le Premier ministre Jan Fischer s’est rendu mardi à Bruxelles avec une mission quasi impossible : expliquer à l’Europe qui s’impatiente les nouveaux rebondissements autour de la signature du Traité de Lisbonne en Tchéquie, le seul pays des Vingt-sept ne l’ayant pas encore ratifié.

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Václav KlausVáclav Klaus Le président tchèque Václav Klaus constitue désormais le seul obstacle à l’achèvement du processus de ratification du Traité de Lisbonne. On ne sait toujours pas s’il apposera finalement sa signature au bas d’un document qui l’agace et qu’il critique inlassablement. C’est pourtant le dernier acte qu’il reste à faire après son adoption par les deux chambres du Parlement et en attendant la décision de la Cour constitutionnelle, saisie pour la deuxième fois par un groupe de sénateurs proches de Václav Klaus.

Une nouvelle incertitude plane depuis vendredi dernier, quand le chef de l’Etat a sorti la délicate « carte sudéto-allemande », en demandant une dérogation en vue d’empêcher la remise en question des Décrets Benes se rapportant aux questions patrimoniales d’après-guerre.

Jan FischerJan Fischer Après avoir examiné, lundi, cette nouvelle tournure, le gouvernement tchèque a déclaré sa volonté de négocier avec les partenaires européens sur cette requête en vue de chercher une solution. Le cabinet de Jan Fischer est cependant ferme sur ses positions : Václav Klaus se doit de donner des garanties sûres qu’il finira par signer, sans poser de nouvelles conditions. Le Premier ministre, pro-Lisbonne, a précisé :

«Le gouvernement est prêt à cette démarche hors standard tout en refusant la possibilité de la réouverture de tout le processus de ratification chez nos partenaires européens. La démarche du gouvernement ne peut pas non plus être mise en question par le Parlement qui a voté en faveur du Traité de Lisbonne par la majorité des voix ».

La question de l’exigence posée par le président tchèque devrait être traitée lors du Sommet européen qui se tiendra les 29 et 30 octobre prochains. En attendant, Jan Fischer veut s’employer à discuter, aussi, avec l’acteur principal, le président Václav Klaus, qui se refuse pour l’instant à donner toute explication ou tout commentaire sur ce qu’il veut exactement.

André Glucksmann : « Le Traité de Lisbonne, une bureaucratie nécessaire »

13-10-2009 14:14 | Anna Kubišta

Suite et fin de l’entretien avec le philosophe français André Glucksmann, invité de la conférence internationale Forum 2000 qui s’achève ce mardi. Radio Prague a profité de sa présence pour lui demander ce qu’il pensait de l’actualité tchèque, marquée par le refus de Václav Klaus de ratifier le Traité de Lisbonne, et pour l’interroger sur ce qu’il pensait du renoncement de Barack Obama au projet de bouclier antimissile en Europe centrale, qui a été interprétée en République tchèque par certains comme un abandon du pays à la Russie :

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Barack Obama, photo: CTKBarack Obama, photo: CTK « Je pense que Barack Obama aurait dû discuter avec les responsables tchèques et polonais puisqu’il y avait eu discussion avant pour qu’ils l’acceptent. Cela dit, je ne suis pas un fervent du bouclier. Par contre, oui, il y a un retour de la Russie, ce qui s’est manifesté au Caucase. Le Caucase, la Géorgie en l’occurence, a été envahi. Les chars russes ne se sont pas arrêtés chez les Ossètes du Sud, ils sont venus à 30 km de Tbilissi. Vous avez une invasion d’un pays indépendant et souverain qui est la première invasion que font les Russes depuis l’Afghanistan en 1980. On les a arrêtés à la limite, mais s’ils avaient continué jusqu’à Tbilissi, c’était un nouveau ‘Prague’ et la fin du Printemps de Prague. Ça aurait été la fin du Printemps géorgien. Il y a là une grande hypothèse inquiétante, c’est ce retour du Kremlin à une politique impériale. »

On parle beaucoup ces derniers temps du président Václav Klaus qui refuse de signer le Traité de Lisbonne. Que vous inspire cette méfiance vis-à-vis de l’Union européenne qui pourrait représenter une alternative, en tant que puissance, à la Russie ?

Václav Klaus, photo: CTKVáclav Klaus, photo: CTK « L’UE a beaucoup pour décevoir, mais son problème n’est pas le Traité de Lisbonne. Il est bon que vous ayiez une bureaucratie un peu cohérente et c’est ça le Traité de Lisbonne. C’est une bureaucratie minimale par rapport à tout ce qu’on a connu. Il y a moins d’employés à Bruxelles que d’employés à la mairie de Paris pour la ville. Ce n’est pas très grave comme bureaucratie, mais il vaut mieux que ce soit bien organisé et qu’il y ait quelqu’un pour décrocher le téléphone quand on appelle. C’est ça le Traité de Lisbonne, c’est rien d’autre. Et là, je crois que Václav Klaus a tort, sérieusement. Par contre s’il demandait : ‘pourquoi l’Europe ?’, il aurait raison. Parce que, par exemple, l’Europe devrait défendre son indépendance énergétique. Et qui menace l’indépendance énergétique ? C’est la Russie, qui a fait les chantages dont on se souvient. Là, l’Europe pourrait servir à quelque chose. »

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