Faits et événements Cérémonie du souvenir aux victimes roms à Hodonín

25-08-2009 14:55 | Jaroslava Gissübelová

En hommage aux Roms déportés il y a 66 ans, le 21 août 1943, dans les camps d’extermination d’Auschwitz et de Buchenwald, une cérémonie du souvenir a eu lieu de dimanche à Hodonín près de Kunštát. C’est là que se trouvait pendant la Deuxième Guerre mondiale un camp d’internement pour Roms essentiellement de Moravie, puisque ceux de Bohême étaient internés dans un autre camp, à Lety près de Písek.

Écouter:RealAudioTélécharger:MP3Podcast:S'abonner

Entre août 1942 et décembre 1943, environ 1 400 Roms étaient internés dans le camp de Hodonín-Kunštát. Plus de 200 d’entre eux sont décédés sur place des suites de maladies, d’épuisement et de mauvais traitements, les autres ont été déportés vers des camps d’extermination.

Un centre de vacances se trouve aujourd’hui sur le site de l’ancien lieu du drame. Malgré de multiples promesses, aucune solution n’a pour l’heure été trouvée pour régler cette situation jugée indigne et pour laquelle la République tchèque s’est fait critiquer en 2008 par le Parlement européen.

La cérémonie annuelle organisée par le Musée de la culture rom de Brno s’est déroulée cette année pour la première fois sur les mêmes lieux où se trouvait le camp et dont il subsiste aujourd’hui un baraquement d’origine et un petit cimetière où les Roms étaient enterrés dans des fosses communes. L’Etat a déjà versé 27 millions de couronnes pour racheter le terrain de l’ancien camp appartenant à un particulier. Le ministère de l’Education nationale qui gère les fonds de dotation destinés à régler la question de l’holocauste rom craint toutefois que les moyens ne lui manquent pour réaménager le site récréatif actuel en un lieu de piété.

Le camp d’internement de Hodonín-KunštátLe camp d’internement de Hodonín-Kunštát Présente dimanche à la cérémonie du souvenir, Gabriela Hrabaňová, directrice du Bureau du conseil gouvernemental pour les affaires de la communauté rom, a insisté sur l’application de la résolution gouvernementale adoptée en avril dernier. Cette résolution doit faire en sorte que la mémoire des victimes rom soit honorée et préservée du mieux possible comme c’est le cas à Terezín ou Lidice :

« Il est dans l’intérêt des ministères, en ce moment concrètement du ministère de l’Education nationale et de la jeunesse, d’appliquer la résolution, non seulement pour faire preuve de bonne volonté ce qui a une importance énorme, face à la montée du néonazisme, mais aussi compte tenu du fait que Tchèques et Roms vivent ensemble au sein d’un seul et même Etat et que leur coexistence devrait être basée sur le respect mutuel. »

Un dixième seulement des Roms a survécu à l’holocauste. Près de 90% des Roms et des Sinti d’origine tchèque ont disparu pendant cette période.

Czech Airlines dans le rouge

25-08-2009 14:55 | Anne-Claire Veluire

Après le retrait jeudi 20 août du groupe Air France-KLM de l’appel d’offres qui avait été lancé pour le rachat de Czech Airlines, la situation de la compagnie tchèque ne semble pas s’améliorer. La valeur comptable de CSA est tombée pour la première fois dans les chiffres négatifs, puisqu’elle est estimée à -708 millions de CZK. La vente de certains de ses biens et la gestion de la compagnie sont au cœur des débats.

Écouter:RealAudioTélécharger:MP3Podcast:S'abonner

Moins 708 millions de CZK, c’est donc le montant du capital de Czech Airlines, constitué par les contributions de l’Etat, les bénéfices et les pertes de la société. Il s’agit de chiffres avancés par le quotidien Mlada Fronta Dnes, d’après des documents obtenus du conseil de surveillance de CSA. En 2000, le capital de la compagnie était évalué à 2 milliards 234 millions de CZK. Il aurait donc chuté de presque quatre fois sa valeur en moins de 10 ans.

Le conseil de surveillance de CSA, qui s’est réuni lundi 24 août, a d’ailleurs confirmé les mauvais résultats de la compagnie et les 1,8 milliards de CZK de pertes sur les six derniers mois. Même si les prévisions n’étaient pas bonnes, elles se limitaient à une perte de 960 millions de CZK.

Avec la présence exceptionnelle de deux ministres, le ministre des Finances Eduard Janota et le ministre des Transports Gustáv Slamečka, le conseil a décidé de suivre le plan de sauvetage de la compagnie, mais de façon partielle. Il s’agit donc de restructurer la compagnie, en réduisant certaines liaisons, comme celles reliant Prague à New-York ou à Manchester, et en remerciant 860 des 4 600 employés de la compagnie. Ivan Kočárník, président du conseil de surveillance de CSA, a néanmoins déclaré que le conseil ne voulait pas se précipiter. Ainsi, aucun bien ne devrait être vendu avant la fin du processus de privatisation, même si un accord préalable pour entamer les négociations sur la vente ou la restitution de six des cinquante avions de la compagnie a été établi.

Radomír LašákRadomír Lašák Le conseil de surveillance n’a d’autre part pas fait d’allusion à la responsabilité du président de CSA Radomír Lašák. Son management est pourtant sévèrement critiqué par certains hommes politiques tchèques. Jiří Paroubek, président du parti social-démocrate CSSD :

« Les résultats de ces premiers six mois de l’année sont tragiques. Monsieur Lašák ne s’est pas révélé un manager de crise. Je pense que le gouvernement doit agir et je pense qu’il faut un changement de personne. »

Pour l’ancien Premier ministre et chef de file de l’ODS Mirek Topolánek, les mauvais résultats de la société n’incombent pas uniquement à Radomír Lašák :

« Cette situation est pesante. Soit CSA sera vendu, soit la compagnie aura des problèmes existentiels, or le président actuel n’y peut rien. »

Le consortium Unimex Travel Service est le dernier candidat au rachat de la société Czech Airlines. Son propriétaire, Jiří Šimáně, a fait savoir qu’il était au courant des mauvais résultats de la compagnie tchèque.

Trois troupes du nouveau cirque français à Letní Letná

25-08-2009 14:55 | Anna Kubišta

Jusqu’au 31 août prochain, la colline de Letná qui surplombe la ville de Prague, accueille la 6e édition du festival du cirque Letní Letná. Bara Čermaková, qui fait partie de l’équipe organisatrice, détaille le programme du festival :

Écouter:RealAudioTélécharger:MP3Podcast:S'abonner

Le Cirque Trotolla, photo: www.letniletna.czLe Cirque Trotolla, photo: www.letniletna.cz « Les plus grandes ‘vedettes’, si on peut dire, ce sont trois troupes françaises. Tout d’abord, le Cirque Trotolla, représentant du nouveau cirque. Il présente son spectacle Volchok qui est un grand succès en République tchèque. La plupart des représentations sont complètes. Ensuite, il y a l’Atelier Lefeuvre et André, une petite compagnie : ce sont deux hommes qui font une espèce de nouveau cirque mais sous un chapiteau sous forme de serre. Et puis le troisième ensemble, c’est le Boustrophédon. Il vient avec son spectacle Courts-Miracles, plus sombre, plus philosophique, puisqu’il fait référence à l’expérience de la troupe quand elle a joué pour des enfants dans la Bande de Gaza. Il y a donc un aspect politique, culturel et philosophique, mais c’est aussi un nouveau cirque, combiné avec des marionnettes. »

Et au niveau tchèque ?

La Putyka, photo: www.letniletna.czLa Putyka, photo: www.letniletna.cz « S’il faut choisir, parmi les spectacles les plus populaires, il y a La Putyka, créé par un acteur, performer, Rostia Novák, bien établi en République tchèque. C’est une sorte de nouveau cirque, mais transposé dans la tradition du théâtre tchèque. Rostia Novák prend le nouveau cirque français mais le transpose dans le contexte des bars tchèques. Sinon il y a aussi pleins de spectacles pour les enfants, des marionnettes, des programmes le matin et l’après-midi, des ateliers... »

On dit en effet que le nouveau cirque vient de France. Quelle est son influence en République tchèque, à part la Putyka ?

La Putyka, photo: www.letniletna.czLa Putyka, photo: www.letniletna.cz « La création du nouveau cirque en République tchèque est en effet très influencée par la création française. Il suffit de voir que la plupart des ensembles qui viennent ici présenter leurs spectacles sont français, parfois espagnols. Donc forcément, les créateurs tchèques sont influencés. L’histoire en République tchèque est différente : les frontières sont ouvertes depuis peu de temps. Donc l’influence du cirque traditionnelle était bien plus forte ici. Le nouveau cirque date des années 1970 en France. Ici ça n’a commencé qu’il y a 10 ans. Le cirque traditionnel se mélange avec le nouveau cirque. Ce qui est intéressant c’est que quand j’ai entendu les interviews avec le Cirque Trotolla, qui est bien établi dans le domaine du nouveau cirque, quand on leur pose la question de savoir ce qu’est le nouveau cirque, ils ne savent pas trop répondre. Ils n’aiment pas le définir parce que c’est un domaine très vaste. »

www.letniletna.cz

Archives de la rubrique

En savoir plus