Faits et événements Isabelle Huppert et Patrice Chéreau à l’honneur du 44e festival de Karlovy Vary

10-07-2009 14:26 | Anna Kubišta

Le festival international du film de Karlovy Vary est le rendez-vous cinéma de l’été en République tchèque. Cet équivalent tchèque de Cannes ne manque ni de stars ni de paillettes, même s’il se démarque en s’érigeant comme un festival visant à promouvoir la production d’Europe centrale et de l’Est. Retour sur la 44e édition du festival de Karlovy Vary.

Écouter:RealAudioTélécharger:MP3Podcast:S'abonner

Isabelle Huppert, photo: Štěpánka BudkováIsabelle Huppert, photo: Štěpánka Budková C’est sous les applaudissements du public cinéphile de la cité thermale de Karlovy Vary que la comédienne française Isabelle Huppert s’est vue décerner un globe de cristal pour sa carrière artistique :

« Je ne m’attendais pas à ce que vous soyez si nombreux et à votre chaleur, à votre ferveur, je suis très émue. »

Isabelle Huppert était au festival de Karlovy Vary pour présenter le dernier film de Benoît Jacquot, Villa Amalia, adapté du roman éponyme de Pascal Quignard. Un film où elle interprète une femme qui tire un trait définitif sur sa vie et son passé après une trahison et recommence à zéro :

Isabelle Huppert, photo: Štěpánka BudkováIsabelle Huppert, photo: Štěpánka Budková « Tous les rôles vous donnent, peuvent vous donner des idées, des bonnes comme des mauvaises. Celui-là peut donner l’idée de couper avec une vie intérieure, mais j’ai joué des personnages qui peuvent me donner des idées beaucoup plus meurtrières et beaucoup plus violentes, donc voilà, il vaut mieux que ça reste à l’état de projet… Dans le cas de Villa Amalia, je crois que cela renvoie chacun à cette possibilité qu’on a tous en soi de… oui, de changer de vie. Moi, je change de vie très souvent grâce à mes rôles, donc je ne suis pas peut-être la mieux désignée pour répondre à ce genre de projet, mais oui, ça fait, ça peut faire réfléchir. »

Autre invité du festival, le réalisateur et metteur en scène de théâtre français Patrice Chéreau dont une rétrospective retraçait une partie du travail :

Patrice Chéreau, photo: www.kviff.comPatrice Chéreau, photo: www.kviff.com « Je pense que quand on fait une rétrospective, d’abord on est très content qu’il y ait une rétrospective, on est content de savoir qu’il va y avoir six, sept ou huit films qui vont être montrés. Le choix n’est pas énorme dans mon cas, parce que j’en fait onze et le onzième n’est pas encore sorti, donc dans 10 ans peut-être, si je suis encore en vie, il y aura plus de films à choisir. Après, il y a un autre problème qui est qu’il y a des films qui sont sortis en République tchèque et donc, ils n’ont pas la priorité par rapport à d’autres films qui, eux, n’ont jamais été présentés. Un deuxième critère qui est le principal, c’est trouver des copies des films, et quelques fois il y a des films dont on ne trouve pas la copie, donc on ne les présente pas. Il y a un film aussi que j’ai fait en vidéo uniquement, parce que j’ai tourné en 35 mm, qui a été fait exclusivement en vidéo et que j’aime beaucoup, mais qui n’est pas dans la rétrospective, peut-être parce qu’on ne l’a pas demandé. Voilà, je laisse faire les gens, il y a juste un film que je ne souhaite pas faire montrer, mais c’est tout. »

Le président Klaus renvoie « la prime à la casse » à l’examen des députés

10-07-2009 14:26 | Guillaume Narguet

Le président de la République a apposé son veto, jeudi, au paquet de mesures anticrise regroupées dans la loi sur le soutien à la croissance économique et à la stabilité sociale. Václav Klaus est notamment opposé à l’introduction d’une prime à la casse et pour l’achat d’un nouveau véhicule. Selon le chef de l’Etat, il s’agit d’une mesure « avec un effet positif incertain ». Si sa décision a été mal accueillie par les vendeurs et constructeurs automobiles, en revanche, certains économistes s’en sont réjouis.

Écouter:RealAudioTélécharger:MP3Podcast:S'abonner

Václav Klaus, photo: CTKVáclav Klaus, photo: CTK En avril dernier, ce paquet de mesures contre la crise économique avait fait l’objectif d’un consensus politique entre le gouvernement démissionnaire et la principale formation de l’opposition, le Parti social-démocrate. Au total, sept mesures figurent dans la loi (cf. sur Radio Prague http://www.radio.cz/fr/article/115164). Dès sa présentation, la prime à la casse est toutefois devenue le passage le plus controversé, le ministre des Finances de l’époque y étant notamment opposé.

Dans la pratique, l’Etat se propose de contribuer à hauteur d’environ 30 000 couronnes (un peu moins de 1 200 euros) à l’achat d’un nouveau véhicule dont le prix d’achat n’est pas supérieur à 500 000 couronnes (20 000 euros). Pour obtenir cette prime, les personnes intéressées doivent toutefois également se débarrasser de leur véhicule vieux d’au moins dix ans. Pour l’application de cette mesure, le gouvernement a prévu de libérer environ 2,5 milliards de couronnes (un peu moins de 100 millions d’euros). Objectif : relancer la production dans le secteur automobile, dont l’économie tchèque est grandement dépendante.

Si la prime à la casse a eu des retombées positives dans les douze pays de l’UE où elle est appliquée, elle ne fait toutefois pas l’unanimité en République tchèque, et le président Václav Klaus a donc décidé d’y apposer son veto. Le chef de l’Etat reproche notamment à la loi d’être « discriminatoire » en favorisant un secteur particulier de l’économie nationale aux dépens des autres, comme l’explique l’économiste et directeur du bureau du président, Jiří Weigl :

« La prime à la casse était la mesure la plus marquante et la plus critiquée de cette loi qui ne comporte aucune analyse de ses retombées. Or, le président estime que ces retombées sont très incertaines et discutables. La Chambre des députés aura donc la possibilité de se pencher une nouvelle fois sur le contenu du texte et de choisir d’autres mesures et d’autres priorités qui, dans la situation actuelle, aideraient peut-être plus notre économie. »

Une opinion qui est également partagée par le sénateur Jiří Oberfalzer, pourtant membre du Parti civique démocrate, qui était la principale formation de la coalition gouvernementale avant sa dissolution :

« Comme lui, je suis convaincu que la prime à la casse est une mesure qui ne profiterait qu’à une partie de notre économie, et non pas à l’ensemble de celle-ci. Elle désavantage même les autres acteurs et branches économiques. Je pense qu’en temps de crise, il faut d’abord chercher des solutions qui permettent de conserver les emplois. La prime à la casse peut sembler être une mesure allant dans ce sens, mais personnellement, je pense que la solution n’est pas de stimuler la consommation mais plutôt de réduire les frais pour l’emploi de la main-d’œuvre. Pour cela, il faut améliorer les conditions pour les entrepreneurs et les employeurs. »

Malgré la décision du président de la République, les représentants de l’industrie automobile ne perdent pas espoir de voir la loi finalement adoptée. Après le veto du chef de l’Etat, le texte sera en effet désormais réexaminé par la Chambre des députés. Et si ceux-ci l’adoptaient de nouveau, il entrerait cette fois en vigueur.

Record de surpopulation carcérale en République tchèque

10-07-2009 14:26 | Jaroslava Gissübelová

Au 1er juillet 2009, il y avait 22 000 détenus en République tchèque, un chiffre record depuis l’an 2000. Le taux de surpopulation des prisons atteint 115 %, alors que 7 500 condamnés sont en attente d’incarcération. La ministre de la Justice attend beaucoup de la construction de prisons privées et du projet devant permettre à certains condamnés de purger leur peine à domicile qui sera lancé à partir de 2010.

Écouter:RealAudioTélécharger:MP3Podcast:S'abonner

Le nombre actuel de 22 000 détenus marque une augmentation de 1 800 personnes en un an. Le problème de la surpopulation devient inquiétant dans l’ensemble des 35 prisons tchèques et moraves. Le directeur de l’Administration pénitentiaire Luděk Kula craint ses effets négatifs sur les conditions de détention, la mission de réinsertion, ainsi que sur la sécurité :

« Face à la surpopulation, le travail avec les détenus, les activités, sont pratiquement mises de côté, les surveillants se concentrent beaucoup plus sur le maintien de la sécurité que sur la préparation des détenus à leur réinsertion dans la société. »

Luděk Kula, photo: CTKLuděk Kula, photo: CTK A la TV tchèque, la ministre de la Justice, Daniela Kovářová, a démenti que le système pénitentiaire tchèque était au bord de l’implosion. « La situation est tendue, mais bien maîtrisée », a-t-elle déclarée à son retour d’un voyage d’inspection dans plusieurs prisons :

« Nous sommes préparés à toutes les situations, y compris l’accueil d’une grande partie des personnes en attente d’incarcération. En cas d’augmentation des détenus en surnombre à 25 000, un scénario de crise est prévu, avec l’aménagement des espaces communs en cellules. Il y a 15 jours, une nouvelle prison construite dans le cadre du partenariat public-privé a ouvert à Rapotice près de Brno et dans deux semaines, un nouveau bloc d’une capacité de 200 personnes ouvrira à la prison de Kynšperk nad Ohří. »

Daniela Kovářová, photo: CTKDaniela Kovářová, photo: CTK La ministre attend beaucoup du projet permettant de purger sa peine à domicile qui sera lancé à partir de janvier prochain, avec l’entrée en vigueur du nouveau code civil :

« Nous supposons qu’il sera destiné aux personnes condamnées pour des infractions matérielles moins graves et qui ont un emploi et donc un revenu, car le placement sous surveillance électronique, lorsque le détenu est doté d’un bracelet électronique et d’un émetteur, est relativement coûteux. Les personnes qui en bénéficieront auront l’obligation de rester à leur domicile entre 20 heures du soir et 5 heures du matin. »

Pour la surpopulation de ses prisons, la Tchéquie a été maintes fois critiquée par le Comité européen pour la prévention de la torture et des peines ou traitement inhumain et dégradant, car elle constitue une atteinte au droit des détenus à la dignité et à un espace minimum de 4 m2. La Tchéquie est aussi en retard dans le développement des peines alternatives à l’incarcération et dans la création des conditions d’une réinsertion sociale durable des détenus à leur libération.

Archives de la rubrique

En savoir plus