Faits et événements Controverses autour de la diffusion de nouvelles listes de la StB
Après la diffusion des célèbres listes de l’ancien dissident Petr Cibulka dans les années 90, ce sont celles d’un autre dissident, Stanislav Penc, qui viennent à nouveau jeter un trouble sur le traitement en République tchèque du passé communiste. La diffusion de ces nouvelles listes d’agents et collaborateurs de la police secrète tchécoslovaque (StB) par Penc est surtout l’occasion de critiquer l’Institut pour l’étude des régimes totalitaires, fondé en février 2008, à qui il reproche de garder le monopole sur la diffusion des informations.
Stanislav Penc, photo: Lidové noviny, 7.7.2009
C’est une liste d’environ 100 000 noms qui est apparue sur le site
www.svazky.cz mardi soir mais le serveur informatique n’a pas supporté
que quelques heures le nombre d’internautes voulant s’y connecter.
Cette base de données était entre les mains de Jan Langoš, ancien
directeur, aujourd’hui décédé, de l’Institut slovaque « la mémoire
de la nation ». Stanislav Penc explique les raisons qui l’ont poussé à
publier le document :
« Enfin, 20 ans après la révolution, il faut donner les conditions pour qu’il n’y ait dans cet Etat aucun homme politique ou fonctionnaire qui puisse cacher ce qu’ils ont sur la conscience. Il en va de leur conscience et de leur crédit moral mais nous vivons dans un pays où les archives communistes et les archives de la police secrète n’ont pas été ouvertes. L’Institut pour l’étude des régimes totalitaires, qui a été fondé à cet effet, ne l’a pas fait et refuse au contraire la publication de ces bases de données. Donc nous avons publié celles dont nous disposions. »
Pavel Žáček
Le directeur de l’Institut sur l’étude des régimes totalitaires,
Pavel Žáček, a récusé les accusations de l’ancien dissident et
assure qu’il est possible de rechercher librement toutes les informations
désirées dans les archives. Pour Stanislav Penc, les recherches ne sont
pas si aisées :
« M. Žáček a dit aux médias que tous ceux qui veulent chercher des documents y sont autorisés, ce qui est naturellement vrai. Mais il a oublié de dire, et il est important de spécifier, que vous devez savoir où chercher. C’est un peu comme par exemple si quelqu’un cherchait un livre d’un auteur dans une bibliothèque et qu’on lui répondait qu’il ne peut pas voir ce livre parce qu’il n’en connaît pas le titre exact et qu’on le lui donnera que lorsqu’il l’aura trouvé. C’est absurde. »
Les listes de Penc devraient à nouveau être disponibles sur son site
internet en fin de semaine. Il s’est également adressé à la justice
pour que soient désormais publiées les listes dont l’Institut pour
l’étude des régimes totalitaires dispose. D’autre part, il ajoute
qu’il aimerait que ces questions puissent faire l’objet d’un
véritable débat public.

