Faits et événements Les premiers échos à la Déclaration de Terezín
La Déclaration de Terezín, signée le 30 juin par 46 pays qui ont pris l’engagement moral de poursuivre le processus de réparation des biens juifs spoliés pendant la Shoah, a suscité les premières réactions. Pour Lisbeth Popperová, fille du banquier juif Jiří Popper chassé de sa villa somptueuse dans le 6e arrondissement de Prague, la déclaration représente un certain espoir pour obtenir gain de cause dans sa plainte déposée contre l’Etat tchèque et la Fédération de Russie sur la restitution de la villa de son père, où siège actuellement l’ambassade russe.
La villa de Popper
L’avocate de Lisbeth Popperová, Irena Benešová, qui a fait
l’expérience amère de la volonté politique de régler les
restitutions, se dit maintenant décidée à s’adresser de nouveau à
l’Etat tchèque :
« Je vais déposer une nouvelle requête au ministère des Affaires étrangères en tant que l’un des signataires de la déclaration. »
La valeur de la villa, située sur plus d’un hectare de terrain dans l’un des quartiers les plus lucratifs de Prague, est estimée à un milliard de couronnes, soit plus de 37 millions d’euros. Lisbeth Popperová a porté plainte contre la Fédération de Russie dont la représentation diplomatique siège dans la villa. Or, comme l’explique le premier secrétaire de l’ambassade Vladimir Fjodorov, dans le cas de la villa Popper, il s’agit du résultat inaliénable de la Seconde Guerre mondiale :
Edvard Beneš
« Ce bien a été acquis par la partie russe d’une manière légale,
sur la base du décret du président tchécoslovaque Edvard Beneš. »
Le président Beneš a en effet offert par un décret spécial la villa Popper à l’URSS après la guerre en signe de reconnaissance pour la libération. Puisque c’était avant 1948, ce cas n’est pas concerné par la loi sur les restitutions qui ne va pas au-delà de cette limite, et la déclaration de Terezín n’y changera rien, comme l’explique le porte-parole du ministère des Finances, Ondřej Jakob :
« Le ministère des Finances est ouvert aux négociations, sauf que la norme en vigueur ne permet pas de régler ce cas précis par une sorte de compensation matérielle ou financière. »
Le principal donc, dans cette affaire, sera le verdict du tribunal
concernant la détermination des droits de propriété de la villa. Dans sa
plainte pour la détermination de ces droits déposée en juin 2008,
Lisbeth Popperová soulignait le fait que la villa familiale avait été
confisquée en tant que bien juif par le régime nazi dès 1939 et que le
don fait après la guerre par l’Etat qui n’en était pas le
propriétaire était sans fondement.
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Dominique Blanc : « La jalousie est un tsunami »
Parmi les invités du 44e festival de Karlovy Vary, la comédienne française, Dominique Blanc, accompagnée des deux réalisateurs du film L’autre, Patrick Mario Bernard et Pierre Trividic. Ils étaient tous là pour présenter ce film tiré d’un roman d’Annie Ernaux, L’occupation. L’histoire d’une femme, Anne-Marie, qui va se laisser gagner par la jalousie comme par un virus. Anna Kubišta a rencontré Dominique Blanc, pour qui le festival de Karlovy Vary était une première :
L'autre, photo: www.kviff.com « C’est la première fois à ce festival, la première à Prague et en
Tchéquie. »
Pourriez-vous tout d’abord nous présenter ce personnage d’Anne-Marie, cette femme jalouse ?
Dominique Blanc « Anne-Marie est assistante sociale de son état. Elle se sépare de son
ami qui de son côté tombe amoureux. Anne-Marie va devenir folle de
jalousie. Et folle tout court. Enfin, on ne sait pas, mais en tout cas, une
aventure mentale démarre. »
La jalousie, c’est un sentiment que vous avez éprouvé et donc vous vous êtes inspirée pour interpréter Anne-Marie ? Avez-vous interrogé des amis ?
« Les amis sont très peu bavards quand on parle de jalousie ! (rires) »
Pourquoi ?
« D’une manière générale, parlez de jalousie autour de vous, vous
verrez il n’y a plus de jaloux du tout. Il n’y a plus que moi ! Moi je
suis allée chercher plutôt du côté de la psychiatrie et je suis allée
interroger des médecins par rapport à cela parce que je trouvais que
c’était plus intéressant. Je pense que c’est une des premières
pulsions que connaît le nouveau-né. Je ne sais pas qui n’a pas connu la
violence de ce sentiment et surtout quand il s’empare de vous, c’est un
véritable tsunami, un raz-de-marée et on est d’un coup ‘marabouté’
pour employer l’expression d’Annie Ernaux quand on s’est
rencontrées. Marabouté, c’est-à-dire envahi et occupé de partout. »
L'autre, photo: www.kviff.com
Quand je vous ai vue dans ce film, j’ai pensé à All about Eve, Tout sur Eve, également un film sur la jalousie, même si différemment. C’est un film avec Bette Davis et il se trouve que vous ressemblez à cette grande actrice. C’est un film que vous aviez vu ?
« Oui, je l’ai vu beaucoup de fois, c’est un film culte que j’aime beaucoup. La ressemblance avec Bette Davis me comble de joie. Je me souhaite les mêmes rôles ! Jusqu’au bout... (rires) »
Retrouvez Dominique Blanc, mais aussi Patrick Mario Bernard et Pierre
Trividic dans une prochaine rubrique culture.
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Le festival Jaaleekaay 2009 : carrefour des cultures tchèques et africaines
Deux jours de culture africaine : c’est ce que propose le Divadlo Ponec qui accueille mardi 7 juillet et mercredi 8 juillet le festival Jaaleekaay, ou festival international de danses, de musiques et de chants africains traditionnels et contemporains. Hana Geroldová, présidente de la Maison de l’Afrique à Prague, explique ce qu’est ce festival.
« Il s’agit du troisième évènement de ce type qu’organise la Maison
de l’Afrique noire et il s’agit en fait de rencontre entres des
cultures différentes, donc tchèques, africaines mais pas seulement parce
que cette année il y a aussi de la danse ‘butō’, c’est-à-dire de
la danse japonaise. Il y a deux jours de spectacle au théâtre Ponec et la
première journée est consacrée à l’improvisation. Le thème est « la
rencontre », avec les meilleurs musiciens africains qui sont en Tchéquie.
Il y a aussi des danseurs et danseuses qui sont venus d’Afrique et qui
vont danser sur ce thème.
Il y aura aussi un défilé de mode qui sera non traditionnel parce que ce
sera fait par des danseuses dans des costumes africains donc je crois que
ce sera joli. La deuxième journée, ce seront plutôt des solos, des
danses qui sont préparées en avance donc il y a de la danse ‘butō’,
de la danse contemporaine tchèque, et il y a le mieux, c’est une danse
qui est faite dans la boue avec des feuilles collées sur le corps et qui
vient du Sénégal. »
Photo: www.africkydum.cz
Vous avez dit que les artistes sont des Africains qui vivent ici et
d’autres qui sont venus d’Afrique ; comment avez-vous trouvé ces
artistes ?
« Ce n’est pas compliqué parce qu’il y a une petite communauté
d’Africains qui se connaissent à Prague. Et s’ils sont musiciens, ils
jouent naturellement pour les danseuses. On a aussi organisé un stage au
Sénégal où on a rencontré en 2005 d’autres musiciens qu’on a fait
venir ici plusieurs fois donc il y a déjà des liens qui se sont créés.
Il y a aussi des mariages qui se sont créés. »
Photo: www.africkydum.cz
Vous avez parlé de rencontres. Le festival est d’ailleurs décrit comme un carrefour entre la culture tchèque et la culture africaine, qui sont deux cultures différentes. Est-ce que ces deux cultures se connaissent bien ?
« Je crois qu’effectivement, on ne se connaît pas bien. Surtout le
public tchèque a toujours des idées qui sont un peu confuses sur les
Africains. Pour eux, ce sont des gens de la brousse etc. Donc ce que nous
voulons faire, c’est montrer aux gens la beauté de la danse et de la
musique africaine. D’autre part, pour les artistes tchèques, c’est
vraiment une source d’inspiration très grande, et il y a des choses
très fortes qui se créent. »
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