Faits et événements A Brno sera ouvert la première école utilisant les méthodes du fondateur de la Scientologie
Tandis que l’avenir de l’Eglise de scientologie est actuellement en jeu devant la justice en France, les scientologues tchèques, eux, ne risquent pas d’interdiction de leurs activités. Au contraire : bien que très discrets, ils ouvriront à la rentrée prochaine une école élémentaire privée à Brno, en Moravie. La création de trois classes a été autorisée par le ministère de l’Education, qui avait pourtant qualifiée la scientologie de secte dangereuse il y a quelques années.
Photo: www.basic.cz
A en croire les responsables de l’école, les enfants recevront un
enseignement areligieux. Ce sont néanmoins les méthodes du fondateur de
la Scientologie, Ron Hubbard, qui ont été choisies par BASIC, société
à l’origine de la création de ces trois classes conçues pour
accueillir un maximum de quinze enfants. L’information a été publiée,
lundi, par l’hebdomadaire Týden.
Centre d’études spécialisé dans le soutien aux enfants confrontés à des difficultés scolaires, et présent dans treize villes du pays, BASIC est une filiale de l’Eglise de scientologie en République tchèque. Sur son site Internet, où elle présente, entre autres, son projet « Aidons les enfants » parrainé par de nombreuses entreprises connues, la société ne cache d’ailleurs pas qu’elle tient Ron Hubbard pour référence en laissant apparaître sa citation « Sauvez un enfant et vous sauverez la nation ». C’est d’ailleurs ce que reconnaît la directrice de BASIC, Svatava Kovářová, tout en défendant le projet de cet établissement :
Svatava Kovářová, photo: www.basic.cz
« En aucun cas il ne s’agira d’une école scientologique. Je pense
plutôt que certaines personnes veulent faire un lien avec la scientologie
du fait de la présence du nom de Ron Hubbard, alors que ce sont seulement
ses méthodes qui nous ont séduits. »
Directeur de la Société chargée de l’étude des sectes et des nouveaux mouvements religieux, le spécialiste des religions Zdeněk Vojtíšek est, lui, d’un avis sensiblement différent, et considère qu’il existe une connexion directe entre ce type d’établissements scolaires et la Scientologie même :
« Il est difficile d’imaginer que les techniques d’enseignement scientologiques de Hubbard puissent être reconnues par quelqu’un qui ne croit pas dans les autres postulats d’Hubbard et qui n’est pas scientologue. Ou alors il s’agit d’un moyen d’attirer les élèves et leurs parents, de faciliter leur intégration au sein de l’Eglise de scientologie. »
A la différence d’autres pays européens, la République tchèque reconnaît la Scientologie comme une religion. Les activités de son Eglise sont donc tout à fait légales et les démarches à entreprendre pour ouvrir une école scientologique ne diffèrent en rien de celles nécessaires à l’ouverture une école catholique. C’est la raison avancée par le ministère de l’Education pour justifier sa décision d’autoriser la fondation de l’école. Une décision d’autant plus aisée à prendre que, comme l’a reconnu l’employé du ministère qui a inscrit BASIC au registre des écoles, il ne savait pas qu’il s’agissait de scientologues.
Le développement du réseau autoroutier est menacé par la crise
La crise économique mondiale commence à se faire sentir dans d’autres secteurs que celui de la production. Le ministère des Transports a annoncé cette semaine qu’il ne disposait pas des moyens financiers nécessaires au développement du réseau autoroutier en Tchéquie.
L’autoroute D11
Pour satisfaire aux exigences du plan de construction de nouveaux tronçons
d’autoroute en 2010, le ministère des Transports aurait besoin de 50
milliards de couronnes (près de 2 milliards d’euros). Le ministre des
Finances, Eduard Janota, a pourtant refusé ce lundi d’accorder à son
collègue des Transports, Gustav Slameček, au moins 20 milliards pour
achever les constructions en cours. Bien que le ministre des Finances ait
classé les investissements dans l’infrastructure des transports parmi
ses priorités, ce secteur de l’économie devra se contenter en 2010 du
même volume de moyens financiers alloués par le budget de l’Etat que
cette année – 36 milliards. Ainsi donc, sur un total de 80 milliards de
couronnes, la majeure partie sera fournie par les fonds européens. Les
automobilistes vont devoir encore attendre avant de pouvoir utiliser
certains tronçons d’autoroutes qui ont pourtant une importance vitale.
Ils ne sont pas les seuls à être concernés par le retard pris dans le
développement du réseau autoroutier tchèque. A Nové Město, en Bohême
de l’Est, une centaine de personnes ont bloqué la circulation en
traversant de manière continue un passage protégé dans le centre-ville.
Elles voulaient ainsi attirer l’attention sur l’incapacité de l’Etat
à terminer l’autoroute D11 reliant Prague à Hradec Králové. De ce
fait, environ 5 000 poids lourds doivent quotidiennement passer par le
centre de la ville. Les habitants ne comptent pas rester les bras croisés
et sont prêts à protester de nouveau, comme l’affirme l’adjoint au
maire, Vladimír Beer :
Photo: CTK
« Nous continuerons les protestations si rien ne se passe. Quelqu’un
doit vraiment nous aider à trouver une solution à cette situation, cela
doit être l’Etat, car nous n’en sommes pas capables tout seuls. La
Direction générale des Routes et Autoroutes devrait se réveiller,
peut-être aussi le président du Conseil régional, et ils devraient
s’efforcer de nous aider, œuvrer pour régler ces problèmes. »
L’insuffisance de moyens financiers va aussi toucher l’autoroute D47 qui conduit d’Olomouc à la frontière polonaise et qui est capitale pour le développement de la Moravie du Nord et de son chef-lieu Ostrava. Cela fait trois ans qu’elle aurait dû être en service. Les chantiers seront aussi mis en veilleuse sur les tronçons d’autoroute qui devraient mener de Brno à Vienne ou de Prague à České Budějovice et vers la frontière allemande. C’est aussi un coup dur pour l’industrie du bâtiment, car l’arrêt de la construction de certains tronçons d’autoroute se traduira par des licenciements : jusqu’à 45 000 personnes selon l’Union des patrons de l’industrie du bâtiment. A moins que le cabinet de Jan Fischer ne trouve des moyens financiers par le biais de l’émission de Bons du Trésor, comme le propose le ministre des transports, Gustav Slameček.
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Les paparazzi de la police secrète tchécoslovaque
Prague dans l’objectif de la police secrète : c’est le titre de l’ouvrage qui vient d’être publié par l’Institut d’étude des régimes totalitaires. Des dizaines de photos en noir et blanc, prises en douce dans les années 1970 et 1980, sont reproduites dans ce livre. Des clichés généralement réalisés avec des appareils dissimulés dans des serviettes, des sacs à provision ou encore dans des berceaux.
Miloš Forman
Pour l’hebdomadaire Týden, ces photos sont remarquables, « pas
seulement parce qu’il se passe quelque chose d’intéressant sur
certaines d’entre elles mais aussi parce qu’elles permettent d’avoir
un aperçu de l’atmosphère quotidienne de l’époque ». Pour réaliser
ces clichés, la police secrète - la StB – ne lésinait pas sur les
moyens. Pavel Žáček, directeur de l’Institut d’étude des régimes
totalitaires :
« Dans le cas d’une personne, d’un dissident, en une seule journée ont été réquisitionnées 48 personnes différentes pour le suivre, avec 12 véhicules en tout pour toutes les équipes... »
Alena Hromádková fut l’une des porte-parole de la Charte 77, mouvement clé de la dissidence tchécoslovaque. Elle a reconnu les endroits où la StB l’a prise en photo :
Milan Kundera
« Regardez : ça par exemple c’est mon ancienne maison. L’homme qui
est à côté, je ne le connais pas. Mais je suppose qu’ils l’ont
photographié avec moi parce qu’il avait l’air un peu exotique... »
Il n’y avait pas besoin de faire partie des dissidents pour avoir l’honneur d’être photographié par les agents-paparazzi : il suffisait de travailler dans des endroits stratégiques, comme cette ancienne hôtesse de l’air, employée à l’aéroport de Prague avec accès aux chargements des avions, et notamment aux chargements militaires...
Il existe des milliers de négatifs dans les archives de la police
secrète. Ce livre permet de découvrir près de 300 photos, le plus
souvent prises avec un F21 russe ou un Robot de fabrication allemande. On
reconnaît sur certaines d’entre elles des personnalités célèbres,
dont l’écrivain Milan Kundera.
Photos: Institut d’étude des régimes totalitaires
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Premier grand colloque sur Milan Kundera pour ses 80 ans
Le 1er avril dernier, Milan Kundera a eu 80 ans. A l’occasion de cet anniversaire, un colloque est organisé à Brno, ville dont est originaire l’écrivain qui, rappelons-le, vient de publier un recueil d’essais, intitulé Une rencontre, chez Gallimard.
Le plus connu des écrivains tchèques, le plus controversé en son pays
également, objet de sentiments contradictoires, Milan Kundera est donc mis
à l’honneur lors d’une conférence du 27 au 30 mai intitulée « Ce
que peut la littérature ». Alors que l’année dernière a été
marquée par l’article choc de l’hebdomadaire Respekt qui affirmait
que Milan Kundera avait été un informateur de la police secrète
tchécoslovaque dans les années 1950, le colloque pourrait être
l’occasion de remettre les choses à plat et de réenvisager l’auteur
à la lumière de son œuvre. Avec peut-être moins de passions.
Parmi les invités de colloque ce tout premier colloque consacré à Kundera, on notera la présence de l’écrivain français Guy Scarpetta, qui avait coordonné une pétition de soutien au moment de la sortie de l’affaire, mais aussi de l’écrivaine et traductrice tchèque Sylvie Richterová. A la demande de l’écrivain lui-même, qui, fidèle à son attitude de retrait, sera le grand absent du colloque, seront présents plusieurs de ses traducteurs, comme l’Italien Massimo Rizzante ou l’Islandais Fridrik Rafnsson. L’œuvre littéraire, poétique, les écrits théoriques, l’œuvre musicologique de l’écrivain tchèque de langue française, les différentes versions, françaises et tchèques, de ses textes et les adaptations cinématographiques de ses oeuvres sont autant de thèmes qui seront traités de jeudi à samedi.
'Ptákovina'
Autres événements prévus, une représentation, jeudi soir, de la pièce
Ptákovina, dans la seule mise en scène autorisée par l’auteur et
jouée par le Činoherní klub, ainsi que la projection de La plaisanterie,
adaptée par Jaromil Jireš, un des classiques de la nouvelle vague
tchèque, mais aussi de deux de ses nouvelles. Plus d’informations sur le
programme d’une conférence sur laquelle nous reviendrons encore sur le
site www.ifp.cz.
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