Faits et événements Deux piliers romans du pont Judith retrouvés au fond de la Vltava

13-02-2009 15:09 | Jaroslava Gissübelová

Les travaux de restauration que subit actuellement le plus célèbre pont pragois, le pont Charles, ont permis la réalisation d’importantes découvertes archéologiques. Hormis des objets d’art reposant intacts depuis des siècles dans les eaux de la Vltava, on a retrouvé au fond de la rivière deux piliers romans du premier pont en pierre pragois, le pont Judith.

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Les vestiges du pont Judith, photo: www.praha.euLes vestiges du pont Judith, photo: www.praha.eu La Vltava a livré ces jours-ci de nouveaux secrets : deux torses de vases baroques, partie intégrante du groupe sculpté d’Antoine de Padoue, l’un de ceux qui surmontent chaque pilier du pont. Ondřej Ševců, de l’Institut du patrimoine national :

« On va créer les copies de ces vases qui retourneront à leur place initiale, sur le pont Charles. »

La découverte des vases n’est pas la première liée au pont Charles : en 2004, les plongeurs ont repêché le torse de l’ange du groupe de statues de Saint-Venceslas emporté par les flots il y a plus de 220 ans. La plus récente est la découverte de deux piliers du pont Judith, premier pont en pierre à Prague dont la construction remonte à 1170.

Zdeněk Dragoun, photo: Štěpánka BudkováZdeněk Dragoun, photo: Štěpánka Budková Le pont Judith reliait les deux rives de la Vltava jusqu’en 1342. Détruit lors d’une crue, un nouveau pont, baptisé Charles, l’a remplacé. La découverte de 2 des 20 piliers du pont Judith est un nouveau pas vers la reconstitution de l’aspect initial de ce pont pas entièrement disparu, raconte l’archéologue Zdeněk Dragoun :

« Deux parties relativement importantes de ce pont se sont conservés des deux côtés de la rivière : du côté de la Vieille-Ville, on peut apercevoir à proximité du couvent des Croisés d’une arche complète. D’autres vestiges du pont sont exposés au musée du pont Charles. Du côté de Malá Strana, une importante partie du pont Judith a subsisté et fait aujourd’hui partie de la résidence Lundborg. Ici, le pavé du pont est présenté dans le café devant la réception, et les visiteurs peuvent toucher un morceau authentique du pont vieux de plus de 800 ans. »

Les vestiges du pont Judith, photo: Štěpánka BudkováLes vestiges du pont Judith, photo: Štěpánka Budková Selon Ondřej Ševců, la découverte de 2 piliers n’est que le début des recherches : dans le courant du mois de février, les plongeurs descendront encore deux fois dans les eaux de la Vltava en-dessous du pont Charles. Les objectifs poursuivis ne sont pas uniquement historiques, observe Zdeněk Dragoun :

« Ces recherches sont importantes pour des raisons de conservation : en rapport avec l’intensification du trafic sur la Vltava, on envisage de creuser le lit de la rivière dans une plus grande profondeur, et notre tâche est de dire attention, pas ici, car c’est l’un des plus importants monuments de Prague qui s’y trouve. »

Les travaux de restauration du pont Charles qui ont commencé en août 2007 et qui sont une impulsion pour réaliser les recherches archéologiques approfondies devraient s’achever l’année prochaine.

Pas de veto présidentiel sur la publication des écoutes téléphoniques

13-02-2009 15:09 | Alain Slivinský

Les médias tchèques et diverses organisations internationales ont rigoureusement protesté contre l’adoption par le Parlement de l’amendement au Code pénal qui interdit la publication du contenu des écoutes téléphoniques. Pour entrer en vigueur, il doit encore être signé par le président de la République, qui vient d’indiquer qu’il n’utiliserait pas son droit de veto.

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Václav Klaus, photo: CTKVáclav Klaus, photo: CTK A la suite de l’adoption de l’amendement au Code pénal qui interdit la publication des écoutes téléphoniques policières ou autres dans les médias, une vague de protestations s’est levée en République tchèque, mais aussi à l’étranger. A l’automne 2008, les députés avaient déjà adopté cet amendement, mais les sénateurs leur avaient renvoyé le texte avec certaines modifications. Début février, les députés ont adopté le texte original de l’amendement et, ainsi donc, toute publication du contenu d’une écoute téléphonique pourrait être sanctionnée par cinq ans de prison ou une amende de 180 000 euros. Le Syndicat des journalistes, les rédacteurs en chef de grands quotidiens tchèques et d’autres médias, l’Union européenne des éditeurs et Reporters sans frontières ont très vite réagi en demandant au président de la République, Václav Klaus, d’apposer son veto à cet amendement. D’après eux, l’adoption de cet amendement au Code pénal serait une grave atteinte à la liberté d’expression. Dans une lettre adressée au président du Syndicat des journalistes Miroslav Jelínek, le chef de l’Etat indique qu’il ne partage pas cette opinion. En plus de cela, la manière dont les écoutes téléphoniques sont souvent utilisées ne lui plaît pas depuis de longues années, comme le confirme le secrétaire du président, Ladislav Jakl :

Miroslav JelínekMiroslav Jelínek « Je pourrais comparer cette loi à une répression plus sévère de la conduite au volant d’une voiture volée. Quoi qu’il en soit, il s’agit de l’utilisation d’informations volées ou obtenues d’une manière illicite, utilisation qui peut gravement porter atteinte à autrui. »

Le président du Syndicat des journalistes, Miroslav Jelínek, a été réellement déçu par la lettre que le président de la République lui a adressé et dans laquelle il affirme que « la publication des écoutes téléphoniques limite et menace les droits des citoyens innocents ». On l’écoute à propos de ce que le Syndicat compte faire :

« J’avais confiance en lui en tant que personne qui a consacré une grande partie de sa vie au développement de la démocratie dont la liberté d’expression fait partie. Je pensais qu’il ne signerait pas cet amendement. Nous devons maintenant prendre contact avec certains sénateurs afin qu’ils soutiennent notre requête auprès de la Cour constitutionnelle. »

Précisons encore que l’amendement en question interdit la publication des écoutes téléphoniques policières dans le cas où elles n’ont pas été présentées en tant que preuves à la justice.

La rétrospective Alfons Mucha à Vienne: un grand retour

13-02-2009 15:09 | Václav Richter

Quelque 250 oeuvres ont été réunies pour la grande rétrospective du peintre Alfons Mucha que les Viennois peuvent voir ces jours-ci dans une dizaine de salles du Musée Unteres Belvédère. Il s’agit de la plus grande exposition de ce peintre jamais organisée dans la capitale autrichienne. L’ambition de ses auteurs est de mettre en relief l’ensemble de l’oeuvre et de la vie de cet « artisan » de l’Art nouveau.

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Source: Mucha TrustSource: Mucha Trust Courbes, volutes, ornements floraux, couleurs raffinées – tels sont les éléments typiques du style Mucha. On sait que le peintre, né en 1860, a vécu à Munich et à Paris, mais il est moins connu qu’au début de sa carrière, l’artiste, encore inconnu, a travaillé à Vienne comme assistant - décorateur de théâtre. Sa rétrospective actuelle peut donc être considérée comme un grand retour dans la capitale sur le Danube. C’est cependant son séjour parisien qui a été décisif pour la formation de son style. L’historienne de l’art Petra Hoftychová évoque cette partie de sa carrière:

Source: Mucha TrustSource: Mucha Trust «A Paris, Mucha est devenu un artiste recherché. Il s’est fait connaître surtout par ses oeuvres créées pour Sarah Bernhardt, des oeuvres pour le théâtre, des affiches et des illustrations. C’était un excellant dessinateur qui maîtrisait pourtant aussi toutes les techniques de la peinture. C’était un bon peintre et illustrateur qui savait donner un contenu à des compositions monumentales.»

Source: Mucha TrustSource: Mucha Trust 250 tableaux, dessins, croquis, affiches, livres, bijoux et meubles, au Belvédère de Vienne, illustrent l’oeuvre d’un artiste qui a su imposer son style à toute l’Europe. Ses ornements stylisés et ses figures féminines d’une grâce languissante ont été utilisés pour la promotion d’innombrables articles dont les grandes marques de biscuits, de chocolats, de spiritueux et de cigarettes. Les visiteurs de l’exposition trouvent aussi plusieurs ensembles intéressants dont le mobilier de la boutique parisienne du joaillier Georges Fouquet ou bien la reconstruction des décors créés par l’artiste pour le pavillon de Bosnie-Herzégovine à l’Exposition universelle de 1900, à Paris. Une salle est réservée à deux immenses tableaux faisant partie du cycle d’une vingtaine de toiles monumentales par lesquelles le peintre a évoqué les grands moments de l’histoire des peuples slaves. Petra Hoftychová a participé aux préparatifs de cette partie de l’exposition:

Source: Mucha TrustSource: Mucha Trust «C’était bien difficile, parce que les restaurateurs devaient d’abord préparer les tableaux pour le transport. Ils ont donc travaillé à Moravský Krumlov où l’Epopée slave est exposée actuellement. Ils ont d’abord examiné et restauré la peinture, puis ont décroché les toiles de leurs châssis, les ont enroulées avec beaucoup de précautions sur de grands cylindres. Et, finalement, ils les ont emballées et les ont mises dans d’énormes caisses pour les transporter par camion.»

Selon le commissaire français de l’exposition, Jean-Louis Gaillemin, en créant cette collection monumentale à une époque belliqueuse, Mucha a voulu démontrer que la civilisation slave était très attachée à l’art et non pas aux armes.

La rétrospective Alfons Mucha au Belvédère de Vienne durera jusqu’au 1er juillet prochain et sera ensuite transférée à Munich.

L’Académie de Sablé de retour à Prague

13-02-2009 15:09 | Anna Kubišta

Cette année encore se déroule à Prague, jusqu’au 15 février, l’Académie de Sablé, fruit d’une collaboration entre le Festival de musique et de danse anciennes de Sablé, l’Institut français de Prague, le Collegium Marianum et la Faculté de musique. Une équipe pédagogique française vient ainsi compléter la formation des étudiants tchèques par le biais d’ateliers de musique, de danse, de théâtre, d’improvisation, de déclamation. Jean-Bernard Meunier est le directeur du festival de Sablé, il revient sur l’origine de ce projet :

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« Les choses se sont faites évidemment à travers l’Institut français. Moi j’avais comme volonté de développer le travail que nous faisons depuis longtemps à Sablé et d’en faire profiter d’autres gens. On a une longue habitude dans ce domaine. On sait qu’à Sablé, pendant les dix jours d’été, on a des gens qui viennent du monde entier tous les ans depuis longtemps, on pense qu’il y a un certain intérêt. Pour des raisons économiques, un certain nombre de personnes ne peut pas venir, parce qu’il y a le transport, l’hébergement, qu’il y a des coûts. On s’est dit qu’on pouvait peut-être se déplacer pour faire ce genre de choses. C’est le cas de l’Académie, et il y a tout ce qui concerne la découverte de patrimoines communs et d’échanges.

Moi, je crois beaucoup à l’Europe culturelle qui a de fait existé, de façon informelle mais vraie. Dans toutes les cours sont passés des musiciens d’à peu près tous les pays d’Europe. Je crois beaucoup à cette Europe culturelle, que ce ne sont pas les fonctionnaires et les technocrates qui vont pouvoir la faire à coup de décrets. C’est à nous, acteurs de terrain et artistes à la mettre en oeuvre. On travaille sur des échanges et des partenariats. On n’a pas la bonne parole à amener, on a rien à apprendre aux Tchèques : ils ont leurs écoles, un passé culturel extraordinaire, ce sont des musiciens de grand talent, nous on les découvre et dieu sait si on en entend. Il y a une pépinière assez extraordinaire. Tout est réuni. Mais on est simplement là, en collaboration, pour répondre à des attentes et apporter quelque chose qu’ils ne peuvent peut-être pas trouver sur place, mais qu’ils ont. Vous avez aussi toute votre culture locale et on n’a pas de leçons à donner... »

Suite et fin de cet entretien réalisé en février 2008 dans Culture sans frontières ce dimanche.

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