Faits et événements "De quoi parle Sarkozy avec Topolanek?" : Reflex publie un "document secret"

27-11-2008 15:24 | Alexis Rosenzweig

Le magazine tchèque Reflex a obtenu une copie de ce qu’il affirme être la retranscription de la discussion entre Nicolas Sarkozy et Mirek Topolanek, à Paris, le 31 octobre dernier, au cours de leur dernier « déjeuner de travail ». Dans son éditorial, le rédacteur en chef de Reflex se félicite d’avoir obtenu ce document et prévient le lecteur tchèque qu’en le lisant « vous allez avoir l’impression que la délégation tchèque a négocié avec le représentant d’une civilisation extra-terrestre ».

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« Il est nécessaire de discuter de l’agenda sensible entre les deux pays qui président l’Union européenne » : c’est par cette phrase prononcée par Nicolas Sarkozy que commence la retranscription publiée jeudi par l’hebdomadaire Reflex.

Il est plus que rare de voir un tel document publié dans la presse, un document dont Reflex publie également la page de garde avec papier à en-tête de l’ambassade tchèque à Paris, datée du 5 novembre. Selon le quotidien Mladá fronta Dnes, Reflex a obtenu le document d'un "diplomate haut placé".

Plusieurs sujets sont abordés entre le président français et le premier ministre tchèque, et notamment la co-présidence de l’Union pour la Méditerranée, que Paris a tenu à conserver même après la fin de sa présidence européenne. « Tu sais ce que c’est d’être seul contre tous les Arabes ? De les avoir au téléphone ? Ils sont terribles, je te jure », dit Nicolas Sarkozy avant de poursuivre : « Le président algérien Bouteflika, le Tunisien, le roi marocain, la Lybie, Israël. Un travail fou ».

De son côté, le premier ministre tchèque se montre compréhensif : « L’Union pour la Méditerranée est ton enfant, tu as été aux petits soins. Et sans l’alimentation française, ce bébé ne survivra pas ».

Et le vice-premier ministre tchèque Alexandr Vondra file plus loin la métaphore : « Bien, nous aiderons la France à nourrir l’enfant de la Méditerranée. Et qui va donner à manger à l’Est ? L’Allemagne, la Suède, ou la Pologne ? ». « Ce sera la République tchèque , répond Sarkozy, vous pourrez toujours compter sur le soutien de la France.(...) Tu penses sérieusement que je donnerais la priorité à Angela ? ».

Karel SchwarzenbergKarel Schwarzenberg Il y a d’autres perles dans cette retranscription, et il y a fort à parier que la fuite de ce document ne va pas rester sans conséquences.

Dès jeudi midi, le chef de la diplomatie Karel Schwarzenberg a publié un communiqué d’excuse : « Visiblement, il y a eu une erreur dans notre administration, nous enquêtons sur l’affaire. J’en prends la responsabilité et nous présentons toutes nos excuses à la partie française pour cet incident embarrassant et inadmissible, et pour le fait qu’un tel texte trompeur ait pu être publié ».

Voilà pour les excuses. Pas encore de réaction côté français à l’heure où nous diffusons, mais on n’est pas loin de l’incident diplomatique.

L’ambassadeur tchèque à Paris, Pavel Fischer, a tenu à souligner qu’il était « présent à toutes les rencontres avec le président français » et qu’il « ne reconnaissait pas le texte » de cette retranscription. Selon la CTK, Alexandr Vondra a lui aussi contesté l'authenticité du texte.

Réactions au jugement de la Cour constitutionnelle sur le Traité de Lisbonne

27-11-2008 15:24 | Alain Slivinský

La Cour constitutionnelle n’a donc pas trouvé de contradiction entre le Traité de Lisbonne et la Constitution tchèque, ce qui ouvre la voie à la continuation du processus de sa ratification par la République tchèque.

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Photo: CTKPhoto: CTK La Tchéquie est le dernier pays, parmi les 27 de l’Union européenne, où le Traité de Lisbonne n’a même pas encore été examiné par le Parlement. Le jugement rendu par la Cour constitutionnelle satisfait grandement les milieux politiques qui sont pour une ratification rapide de cette nouvelle loi fondamentale de l’Union européenne, que ce soit la coalition gouvernementale où les Verts demandent déjà une séance rapide de la Chambre des députés sur cette question, ou dans les rangs de l’opposition sociale-démocrate qui a toujours été pour le Traité de Lisbonne. Par contre, les communistes restent sur leur revendication d’un référendum extraordinaire. Le président de la République, Václav Klaus, n’a pas caché son amertume, après la séance de la Cour constitutionnelle à Brno au cours delaquelle il a présenté ses arguments contre le Traité de Lisbonne. D’après lui, le jugement de la cour est politique et amateur Pour le président, ce jugement était décidé d’avance et toute son argumentation, ce mercredi à Brno, n’a servi à rien. Le juge rapporteur, Vojan Güttler, a réfuté ses affirmations en ces termes :

« Lorsqu’il s’agit de tels documents, et quand il n’existe pas de précédent, rien ne tombe du ciel. Nous avons discuté de ce document pendant tout le temps depuis la déposition de la demande, donc fin avril, et surtout à partir de la mi-août quand j’ai rédigé mon rapport. Nous avons même préparé plusieurs variantes, mais nous n’avons réellement exprimé la conclusion finale que ce mercredi matin. »

Václav Klaus, photo: CTKVáclav Klaus, photo: CTK Il faut rappeler, pourtant, que la Cour constitutionnelle n’a pas examiné le Traité de Lisbonne dans toute son intégralité, mais seulement certaines de ses parties contre lesquelles elle avait reçu des arguments de la part du Sénat. Après la publication du jugement, le président Václav Klaus, n’a pas caché non plus qu’il n’apposerait pas tout de suite sa signature au bas du document, mais il n’a pas répondu à la question de savoir si, lui-même, ne compte pas déposer une requête à la Cour constitutionnelle. Son secrétaire, Ladislav Jakl, a répondu pour lui à la Radio tchèque:

« Je pense que cela est tout à fait possible et c’est le droit constitutionnel du président de la République, le droit constitutionnel des sénateurs, des juges et du gouvernement. Pourquoi certaines de ces personnalités, dans le cas où elles auraient des doutes concrets, n’exploiteraient-elles pas cette voie constitutionnelle ? »

A ce sujet, le président du Sénat, Přemysl Sobotka, a déclaré, mercredi déjà, qu’on ne pouvait s’attendre à une telle démarche de la part des sénateurs. En fait, il semble que le président Václav Klaus soit assez isolé dans son refus du Traité de Lisbonne. Il se pourrait aussi que certaines personnes de son entourage s’inspirent du mouvement « Libertas » de l’Irlandais Declan Ganley, farouche opposant au Traité, pour fonder un parti de droite d’eurosceptiques. Une information qui circule dans les couloirs, à propos de laquelle l’assistant du président, Petr Havlik, a déclaré, nous citons : « On ne peut s’exprimer publiquement encore à propos de cette question. Mais, logiquement, un espace vient de s’ouvrir à la droite du spectre politique et cette idée est donc tout à fait logique. »

Laurent Cantet : « Le langage est un marqueur social »

27-11-2008 15:24 | Anna Kubišta

Le 11e Festival du Film français s’est terminé mercredi soir par l’avant-première à Prague du film Entre les murs de Laurent Cantet, Palme d’Or à Cannes en juin dernier, et candidat officiel aux Oscars 2009 dans la catégorie Film étranger. Adapté du récit d’un professeur de français, François Bégaudeau, le film a été tourné avec des élèves d’un collège du XXe arrondissement à Paris, un établissement considéré comme difficile. Le parti-pris du réalisateur a été de montrer non pas des séances de travail, mais les moments où le professeur doit gérer une communication souvent mal aisée avec ses élèves. Anna Kubista a demandé à Laurent Cantet, lui-même fils d’enseignant et parent d’élève, s’il s’identifiait avec l’approche pédagogique du professeur.

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Laurent Cantet, photo: CTKLaurent Cantet, photo: CTK « Oui, il y a une certaine sympathie vis-à-vis du personnage que François incarne et du personnage qu’il décrivait dans son livre. C’est ce qui m’a donné envie de travailler à partir de ce livre. J’ai l’impression que François représente assez bien le prof que je souhaite à mes enfants un jour. »

Entre les mursEntre les murs On voit que ce professeur essaye de faire sortir des choses par le langage chez ses élèves. Le langage est très important dans le film ne serait-ce que parce qu’on y voit surtout ces échanges entre le professeur et les élèves. Cela fait penser au film L’esquive, d’Abdelatif Kechiche...

 « Oui, ce que les deux films partagent c’est que le langage est un des outils les plus puissants d’intégration. Ce qui me plaît beaucoup dans L’esquive c’est l’attention portée au langage des jeunes, que mon film retrouve aussi. Moi je me suis souvent amusé à les écouter, ils manient les mots avec une certaine éloquence qui n’est évidemment pas conforme aux règles de grammaire officielle qu’ils sont en train d’apprendre à l’école. Il y a une fulgurance de cette langue, des trouvailles d’images qui sont magnifiques. Ce que mon film dit plus que le film de Kechiche, c’est combien le langage est un marqueur social et que si on veut réussir à trouver une place dans le monde, on a intérêt à savoir passer d’un registre à l’autre. »

Entre les mursEntre les murs Quelles ont été les réactions du monde professoral ? On voit bien déjà dans le film que la méthode et la façon d’envisager les choses divergent entre François et ses collègues...

Entre les mursEntre les murs « C’est vrai que le film a divisé le monde enseignant en France, certains y retrouvant des expériences personnelles assez puissantes, et à l’opposé il y a un certain nombre de profs qui n’ont pas voulu se reconnaître dans cette école que je présente. Je pense qu’ils ont vu ce film comme un documentaire or ce n’en est pas un. C’est vraiment l’histoire de ce prof là, face à cette classe là, composée de ces enfants là. Ce qu’on essaye de montrer c’est les relations qui peuvent se nouer dans un contexte particulier. Moi je n’ai jamais cherché l’exemplarité. »

Et la réaction des élèves qui ont vu ce film ?

Entre les mursEntre les murs « Les adolescents de manière générale sont beaucoup venus voir le film. Ca a été une très bonne surprise pour nous. Je pense que s’ils sont venus c’est aussi parce qu’ils ont senti que le film leur rendait justice, qu’il ne les juge pas, alors qu’ils sont habitués à être jugés, montrés du doigt, à être traités de crétins, de brûleurs de voiture. Finalement c’est une tranche d’âge dont on a peur, parce qu’elle est incontrôlable, qu’elle a cette énergie incontrôlable qu’on lui voit dans le film. Sauf que là, on les regarde assez précisément pour déceler chez eux une vraie intelligence, une envie de comprendre le monde. Ils ont été assez sensibles à cette image là. Ils ont aussi découvert les coulisses de leur univers : l’image du prof qu’ils ont eux c’est juste une fonction. Ils m’ont quand même tous dit : quand même on a compris que les profs ne faisaient pas ce boulot par hasard, qu’ils le faisaient pour nous et puis quand ils sont entre eux, ils parlent de nous ! Il y a eu toute une série de témoignages d’adolescents qui m’a fait comprendre qu’on donnait à travers ce film une image plus humaine et plus partageable des profs. »

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