Faits et événements La production de voitures Hyundai dans la nouvelle usine de Nošovice a débuté
Lundi était le jour « J » pour le constructeur automobile sud-coréen Hyundai. Dans sa filiale tchèque construite à Nošovice au nord-est de la RT, il démarre la production de voitures i30 qui s’ajouteront aux véhicules déjà fabriqués dans le pays par Škoda Auto à Mladá Boleslav et par TPCA à Kolín.
Photo: CTK
C’était lundi à 9 heures, l’inauguration officielle de l’usine et
la présentation des trois premières voitures i30 aux couleurs du drapeau
tchèque, sans la présence des médias qui n’étaient pas invités car
il n’était pas clair jusqu’au dernier moment si la firme allait
obtenir le dernier permis de construire qu’elle a finalement reçu le
dernier jour d’octobre. La nouvelle usine a été construite en un temps
record de 18 mois. Afin d’accélérer au maximum les travaux, la firme
sud-coréenne s’est plusieurs fois éloignée du projet d’origine sans
attendre le permis de construire, ce qui lui a valu trois sanctions et une
amende s’élevant au total à 2 millions de couronnes.
La construction de l’usine au pied des monts Beskides avait dès le début ses adversaires et ses partisans : les problèmes se sont posés lors du rachat des terrains, notamment avec une coopérative agricole qui y cultivait le traditionnel chou de Nošovice. A leur tour, des mouvements écologiques ont protesté contre l’édification d’une voie ferrée et le grand bruit qu’elle cause.
Photo: CTK
D’ici à la fin de l’année, quelques 18 000 voitures Hyundai i30
doivent sortir des lignes de production. A partir de 2009, ce sera 200 000
voitures fabriquées par an, puis 300 000 à partir de 2011, date à
laquelle l’usine doit atteindre sa pleine capacité. Outre
l’accroissement de la production, c’est aussi le nombre d’employés
qui va augmenter, comme le confirme le porte-parole de la filiale tchèque
de Hyundai Motor, Petr Vaněk :
« A l’heure actuelle, la firme emploi environ 1750 personnes et elle pense embaucher encore 2200 personnes, d’ici à la fin de l’année, et d’autres 500 dans le courant de l’année prochaine. Le chiffre définitif est de 3400 employés en 2011 lorsqu’on travaillera en trois équipes. »
Des craintes sont cependant apparues, compte tenu de la crise financière et l’annonce de la limitation de la production chez d’autres fabricants de voitures. La direction de l’usine Hyundai Nošovice se veut rassurante : comme elle l’explique, les problèmes se posent dans des usines qui doivent investir dans la modernisation alors que cette usine sera la plus moderne en Europe. Deuxième argument : les voitures fabriquées à Nošovice seront des voitures de catégorie moyenne à consommation d’essence modérée et en tant que telles elles ne seront pas concernées par la crise et une baisse de la demande. L’investissement total du constructeur automobile sud-coréen en RT dépasse 1,1 milliards d’euros.
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11 écrivains étrangers affirment leur solidarité envers Milan Kundera
L’affaire Kundera continue à Prague, où l’hebdomadaire Respekt vient de refuser de s’excuser pour avoir publié le mois dernier un document d’archive datant de 1950 dans lequel l’écrivain apparaît comme un délateur. A l’étranger, et notamment en France, son pays d’adoption, Milan Kundera est très soutenu dans cette affaire. Une lettre de solidarité vient d'être signée par une dizaine d’écrivains de renom.
Milan Kundera, photo: Gallimard
Philippe Roth, Orhan Pamuk, Nadine Gordimer, Salman Rushdie, Jorge Sempun,
Gabriel Garcia Marquez : ce sont quelques uns des célèbres auteurs à
avoir signé cette lettre de soutien à Milan Kundera, diffusée lundi par
la maison d’édition Gallimard. Et voici comment commence cette courte
lettre :
« Une campagne de diffamation vient d'être suscitée, visant à salir la réputation de Milan Kundera, en l'accusant d'avoir, en 1950, alors qu'il était étudiant dans la Tchécoslovaquie communiste, commis un acte de délation. Nous observons que Kundera a émis un démenti catégorique quant à ces accusations; et qu'un témoignage émanant d'une éminente personnalité scientifique de Prague le disculpe très clairement de ce qu'on lui impute. »
Cette « éminente personnalité scientifique de Prague » n’est pas nommée.
La presse tchèque s’interroge sur l’identité de cette personnalité, qui pourrait en fait être le désormais célèbre Zdeněk Pešat, qualifié d’historien de la litterature par les quotidiens praguois qui avaient publié son témoignage écrit quelques jours après le début de l’affaire.
Zdeněk Pešat, étudiant au moment des faits en 1950, avait indiqué que le délateur n’était pas Kundera mais un certain Miroslav Dlask.
11 écrivains ont signé cette lettre de soutien, dont quatre Prix Nobel de littérature.
« C’est davantage l’expression de leur confiance dans l’oeuvre de Kundera, estime Petr Fischer, qui dirige la rubrique culturelle du quotidien tchèque Hospodářské Noviny. Ces écrivains n’ont certainement pas eu entre les mains le document des archives. Mais le problème est désormais plus un problème d’incapacité à communiquer, du côté de Milan Kundera comme du côté des médias tchèques. Et force est de constater que nous sommes incapables de discuter de notre propre passé. On dirait que ce qui se passe chez nous a affecté ces excellents écrivains que sont par exemple Philip Roth ou Salman Rushdie. »
« Il ne s'agit, ni plus ni moins, que de ternir l'honneur de l'un des plus grands romanciers vivants, sur des bases pour le moins suspectes », peut-on lire dans la lettre qui se termine ainsi : « Nous tenons à exprimer notre indignation devant une telle campagne orchestrée de calomnie, et à affirmer notre solidarité envers Milan Kundera ».
L’écrivain tchèque Petr Prouza a rencontré Milan Kundera à Paris la semaine dernière et a indiqué à l’hebdomadaire Tyden qu’il n’allait pas porter plainte contre l’éditeur de Respekt, préférant consacrer son temps à l’écriture de son nouveau roman.
« J’ai essayé de le convaincre de porter plainte, confie
Prouza,
mais
les époux Kundera sont très éprouvés par cette affaire et leur santé
a
été affectée. Ils ne veulent pas porter l’affaire devant la justice. »
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Les Indes galantes - une leçon d’humilité pour l’homme moderne
L’opéra-ballet 'Les Indes galantes' de Jean-Philippe Rameau, donné samedi au Théâtre national de Prague, a été sans doute un des sommets de la Saison française en République tchèque, série d’une cinquantaine de manifestations organisées à l’occasion de la Présidence française de l’Union européenne. Avec cet opéra, le compositeur et son librettiste avaient proposé au spectateur du XVIIIe siècle un voyage autour du monde et l’avaient amené en Turquie, en Perse et aux colonies françaises d’Amérique. L’Institut français de Prague a invité pour l´occasion l’ensemble Les Arts florissants et son célèbre chef et fondateur, William Christie. L’œuvre a été présentée en version concert ce qui a permis aux artistes et à leur chef de déployer toutes les richesses de la partition créée par Rameau à l’apogée de son art. Parmi les chanteurs de cette production, Joao Fernandes, une basse au timbre somptueux et au rare talent dramatique. Il a expliqué au micro de Radio Prague ce que la musique de Rameau représentait pour lui :
Joao Fernandes «La vie. C’est un compositeur d’un instinct dramatique exceptionnel et
qui démontre dans tous les caractères dramatiques qu’il a créé et
dans les extraordinaires moments instrumentaux, la vie dans tous ses
aspects, toutes les émotions, les bonnes et les mauvaises, toutes sortes
d’intérêts entre les divers personnages, les haines, les amours,
absolument tout. Vraiment la vie sur scène.»
Cette musique vous pose-t-elle beaucoup de difficultés techniques ?
«C’est effectivement une musique qui exige énormément de précision stylistique. Il faut donc connaître le style, qu’on apprend des gens avec lesquels on travaille, et qui ont aussi distillé le savoir de tous les livres qu’ils ont lu à ce sujet. Pour tous les ornements, il faut savoir quel est le bon goût, comment le faire, à quel moment, dans quelle partie de la mesure. Donc cela exige de la voix non seulement de l’ouverture et de l’ampleur à certains moments, parce que c’est assez lourdement orchestré, mais cela demande parfois aussi de ramener la voix à un filet pour pouvoir justement créer les ornements et les rendre extrêmement perceptibles au public.»
Jean-Philippe Rameau
Nous savons que l’opéra 'Les Indes galantes' est beaucoup plus long et
que c’est aussi un grand spectacle. Il y a des ballets, des décors, des
figurants. Est-ce que cela ne vous manque pas quand vous interprétez cette
oeuvre en version concert?
«Sincèrement non. Effectivement, c’est extrêmement agréable d’avoir absolument tout le monde et le spectacle avec tous ses éléments, mais il est vrai aussi que la musique en soi est tellement riche qu’on vit toutes ces images pendant qu’on les chante, pendant qu’on les entend. On les vit malgré l’absence des autres intervenants.»
Il y encore une autre dimension de cet opéra. Nous, spectateurs du XXIe siècle, sommes frappés par une certaine sympathie avec laquelle Rameau et son librettiste présentent les civilisations extra-européennes. Etes-vous sensible à tout cela ? On peut y entendre même une sorte d’appel contre le colonialisme…
William Christie «Exactement. J’ai été assez surpris pendant les répétitions,
pendant que j’écoutais mes collègues travailler et j’entendaiss les
mots, je me disais que c’était d’une modernité extraordinaire. Je
pense notamment à ce concept que les colons sont venus pour
déséquilibrer l’univers des peuples qu’ils ont occupés. Au XVIIIe
siècle c’était une idée très moderne, car il était assez naturel à
l’époque de considérer les peuples conquis comme des peuples
inférieurs et par conséquent de sous-estimer toutes leurs richesses
culturelles. Donc c’est intéressant et c’est aussi une leçon
d’humilité pour l’homme moderne parce que l’on croit qu’on invente
de nouveaux concepts, qu’on invente les nouvelles émotions, les
nouvelles philosophies, et en fait c’est un cycle. Je crois qu’en tout
temps, il y a eu des êtres humains d’une sagesse extraordinaire au sujet
de leurs égaux, et d’autres qui ne l’ont pas eu.»
Chantez-vous aussi dans d’autres opéras de Rameau?
«Oui, j’adore. Heureusement, avec l’amitié et la complicité
artistique que me voue William Christie j’ai été souvent invité pour
faire du Rameau avec lui. J’ai notamment fait beaucoup de
représentations de l’opéra 'Les Paladins' qui était aussi extrêmement
divertissant. J’ai fait aussi plusieurs représentations des 'Indes
galantes', dans des théâtres différents. C’est un compositeur que
j’aime beaucoup.»
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