Faits et événements Radar US: Condoleezza Rice à Prague pour signer un premier accord

07-07-2008 13:31 | Alexis Rosenzweig

Arrivée prévue ce mardi de la Secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice dans la capitale tchèque. Une visite importante, qui avait déjà été annoncée puis reportée. Le but est clair : il s’agit de signer un accord sur l’installation du radar américain en Bohême, à une petite centaine de kilomètres de Prague.

Écouter:RealAudioTélécharger:MP3Podcast:S'abonner

Condoleezza Rice, photo: CTKCondoleezza Rice, photo: CTK Ce radar devrait être couplé avec des intercepteurs de missiles, prévus sur le sol polonais, mais Varsovie semble vouloir faire durer le suspens et surtout veut négocier au mieux, jusqu’à la dernière minute, avec Washington.

Côté tchèque, c’est le ministre des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg qui doit signer mardi après-midi le premier accord avec Condoleezza Rice. D’après les informations du serveur aktualne.cz, le document comprend une trentaine de pages, dans lesquelles figure notamment l’objectif du bouclier antimissile, à savoir « protéger le territoire des Etats-Unis ainsi que le territoire de leurs alliés et amis contre une attaque ballistique ». Y sont mentionnés notamment le nombre de soldats américains qui pourront séjourner sur le territoire tchèque (250 maximum), le fait que le radar soit à l’avenir inclus dans un système de défense de l’OTAN, et les conditions imposées pour le futur abattage d’arbres sur le terrain militaire de Brdy.

Karel Schwarzenberg et Condoleezza Rice, photo: CT24Karel Schwarzenberg et Condoleezza Rice, photo: CT24 Même si un certain nombre de détails sont réglés entre Prague et Washington, il reste des questions à régler pour pouvoir signer le deuxième accord, l’accord de type SOFA, indispensable à l’installation du radar.

Les négociations ne sont pas terminées, comme l’explique le porte-parole du ministère tchèque de la Défense, Andrej Cirtek : « Cet accord est presque négocié. Il reste à refermer le chapitre qui concerne les impôts et la fiscalité en général. » Plus précisément, selon une des conseillères de Karel Schwarzenberg, un des points litigieux concerne l’imposition des entreprises américaines qui participeront à l’installation du radar.

Alexei Fedotov, photo: CT24Alexei Fedotov, photo: CT24 Ce radar est en tout cas toujours vu d’un mauvais oeil par Moscou. Dimanche, c’est l’ambassadeur russe à Prague Alexei Fedotov qui a rappelé les "grandes inquiétudes" de la Russie. Il a répété que Moscou souhaitait le cas échéant pouvoir disposer de ses propres inspecteurs en République tchèque. Une condition difficile à faire passer dans un pays longtemps occupé par l’Armée Rouge. Veronika Kuchyňová Šmigolová, du ministère tchèque des Affaires étrangères :

« D’après ce que je sais, les Américains proposent à la Russie de leur transmettre les images prises par ce radar. Cela me semble plus important que d’avoir des inspecteurs sur place dans la base... »

Une fois signés les accords entre Prague et Washington, ce sera au Parlement tchèque de se prononcer. La ratification est loin d’être acquise d’avance, le gouvernement de Mirek Topolanek ne disposant pas d'une majorité fiable à la chambre basse.

Sam Karmann filme la grosse fatigue des « héros » en chacun de nous

07-07-2008 13:31 | Anna Kubišta

Parmi les films en compétition au 43e festival de KV, le film du réalisateur et acteur Sam Karmann, La vérité ou presque. Tiré d’un roman américain dont l’histoire a été adaptée à la France, le film parle des petits et grands mensonges des couples, des compromissions que l’on fait ou pas, avec pour toile de fond, le jazz, et le destin imaginaire de Pauline Anderton, chanteuse de jazz des années 50 qu’interprète Catherine Olson, l’épouse à la ville de Sam Karmann. AK a rencontré les deux interprètes.

Écouter:RealAudioTélécharger:MP3Podcast:S'abonner

Sam Karmann et Catherine Olson, photo: www.kviff.comSam Karmann et Catherine Olson, photo: www.kviff.com Catherine Olson : « Je pense que la musique est un personnage à part entière... C’est une chanteuse de jazz, donc toute la musique. Le jazz, c’est de l’improvisation, donc c’est de la liberté, donc ça a un rapport direct avec ce que raconte le film. En ce sens-là, c’est donc un personnage, et Pauline Anderton est un peu ce qu’Hitcock appelait le MacGuffin du film... C’est à dire que tout tourne autour d’elle à un moment donné du film, mais finalement qui elle est n’est pas vraiment intéressant. Ce qui compte, c’est ce qu’elle fait naître entre les deux personnages principaux. »

La vérité ou presque est tiré d’un roman américain.Comment passe-t-on d’un roman américain à un film français ?

Sam Karmann, photo: www.kviff.comSam Karmann, photo: www.kviff.com Sam Karmann : « Très simplement en fait... C’est drôle : c’est une question qui revient souvent. Quand j’ai lu le roman américain, je me suis dit : ces personnages-là ne sont pas plus américains que français, espagnols ou tchèques. Je les connais parfaitement ces personnages : c’est juste moi, des gens que je connais, c’est un miroir absolu, indépendamment du creuset culturel. Il a donc fallu que je respecte la trame du bouquin. L’important, c’est que c’était un intellectuel, un biographe qui vivait à New York que ça arrangeait bien de foutre le camp un peu, par rapport à sa vie privée, homosexuelle. Il partait vers Boston, où il y avait une femme qui travaillait dans une télé locale, qui est en perte de vitesse dans son travail et dans sa vie. Ces deux personnages vont se rencontrer. Il fallait que je retrouve les lieux en France. Le type allait quitter Paris, je me posais la question de la deuxième ville et je connaissais pas mal Lyon. Je me suis dit que c’était formidable : c’est un peu la distance entre Boston et New York. Et son architecture me permettait de mettre en scène le secret : comme le film parle de mensonge et de secret, Lyon était parfaite avec ses fameuses traboules où l’on peut se perdre. »

La vérité ou presque, photo: www.kviff.comLa vérité ou presque, photo: www.kviff.com Une phrase du film : ‘On peut s’aimer pour toujours mais pas tout le temps’, vous y croyez ?

S.K. : « Je vous renvoie la question ! Bien sûr ! C’est une phrase magnifique : on a tous nos humeurs, on traverse tous nos périodes de fatigue. On démarre la vie en se disant qu’on veut être le héros de sa vie, mais parfois les héros sont fatigués ! Qui peut dire : je n’ai jamais trahi, jamais menti ? Moi je crois que l’important, c’est de ne pas faire souffrir l’autre... A chacun de déterminer où sont les choses importantes ou pas importantes. Et puis souvent ce qui est important le lundi ne l’est plus le vendredi... »

Votre film a été sélectionné en compétition au festival de Karlovy Vary, ça vous fait plaisir ?

 « Moi ce qui me fait surtout plaisir, c’est qu’il voyage. Qu’il voyage en compétition plutôt que pas en compétition, j’ai envie de dire : tant mieux ! Il voyage mieux, en première classe ! Je suis tout à fait d’accord pour voyager en première classe ! »

L’Académie franco-tchèque de musique pour la 14e fois cette année à Telč

07-07-2008 13:31 | Alena Gebertová

La ville de Telč, inscrite sur la liste du patrimoine culturel de l’UNESCO, accueille, du 1er au 11 juillet, l’Académie franco-tchèque de musique. Un projet fondé en 1995 par l’Ambassade de France, l’Institut français de Prague et la Ville de Telč.

Écouter:RealAudioTélécharger:MP3Podcast:S'abonner

Catherine Cantin, photo: www.academie-telc.czCatherine Cantin, photo: www.academie-telc.cz La ville historique de Telč, en Moravie du sud, vit à nouveau aux couleurs franco-tchèques et aux rythmes de la musique classique. Pendant dix jours, l’Académie franco-tchèque de musique qui s’y déroule pour la 14e fois propose des cours magistraux d’interprétation et de musique de chambre à une soixantaine d’élèves des conservatoires et des grandes écoles de musique de France, de Tchéquie et de quatre autres pays européens. Ces cours sont dirigés par d’excellents musiciens tchèques et français, on note, par exemple, la présence de Catherine Cantin, de Jérôme Guichard, d’André Cazalet et de Michel Raison, qui sont tous des solistes internationaux. Ce choix semble illustrer parfaitement la première mission de l’académie : inviter les professeurs français pour les instruments à vent et les Tchèques pour les cordes. Durant leur séjour à Telč, les jeunes interprètes ont non seulement la possibilité de répéter en présence d’un public mais aussi de se produire en concert. André Cazalet, photo: www.academie-telc.czAndré Cazalet, photo: www.academie-telc.cz

L’un des points forts de la manifestation a été le concert solennel des professeurs de l’académie qui a été donné samedi à l’église Saint-Jacques à guichets fermés en présence, par exemple, du ministre de la Culture Václav Jehlička, ancien maire de la ville de Telč et l’un des pères fondateurs de l’académie. Très sollicité sera aussi le concert commun des étudiants et des professeurs ainsi que le concert de clôture des étudiants. Cette année, l’Académie franco-tchèque de musique de Telč s’inscrit dans le cadre de la Saison française qui a été lancée à l’occasion de la présidence française de l’Union européenne.

Archives de la rubrique

En savoir plus