Archives de la rubrique Rencontres littéraires
Les inspirations amères de Jiri Weil
"L'écrivain n'est plus un spectateur, mais un participant, un témoin. Il ne peut plus être au-dessus de la cohue, mais il doit faire part de la cohue." C'est de cette façon que l'écrivain tchèque Jiri Weil a formulé la profession de foi de l'écrivain moderne et il faut dire que, pour lui, ce n'étaient pas les mots vides de sens. Il l'a dit deux ans avant sa mort après une vie qui ne lui a pas permis de rester en marge. Bien que la majorité de ses écrits ne soient pas autobiographiques, on ne peut pas dire qu'il ait inventé les histoires qu'on trouve dans ses livres, car les héros de ses romans se retrouvent souvent dans les situations qu'il connaissait bien et qui, plusieurs fois, ont changé sa vie en enfer. En savoir plus
Le brave soldat Chveik et les Tchèques
"Je vous déclare avec obéissance que j'ai été reconnu par les médecins militaires comme étant un crétin notoire." C'est par cette formule que le brave soldat Chveik, héros du célèbre roman de Jaroslav Hasek, sait se tirer de nombreuses situations désagréables. Chveik est un débrouillard dont les principaux traits de caractère sont la roublardise paysanne, l'opportunisme et la naïveté dont on ne sait pas si elle est vraie ou feinte. Peut-on considérer Chveik comme un symbole de son pays, de toute la République tchèque? Selon l'Allemand Peter Dittmar, pour le peuple tchèque Chveik est un ami extrêmement ambigu, car, s'interroge-t-il, qui aimerait se voir personnifié par un idiot qui est peut-être bien sympathique, mais qui n'en est pas moins la risée du monde entier? Jetons aujourd'hui un regard scrutateur sur le personnage littéraire célébrissime qu'est le brave soldat Chveik pour voir dans quelle mesure il peut être considéré comme un reflet du caractère national tchèque. Nous allons voir bientôt que Chveik est un personnage bien difficile à cerner, quelqu'un qui échappe à toutes les classifications gratuites, et que malgré son immense popularité, les Tchèques eux-mêmes ont quelque peine à l'accepter tel qu'il est. Profitons donc de cette émission pour essayer de comprendre la complexité du personnage de Chveik et le rôle qu'il a joué et qu'il jouera encore longtemps dans la société tchèque. En savoir plus
Les retours de Viktor Fischl
"Si tu es en colère ou si ton coeur s'affole à cause d'un souvenir douloureux, assieds-toi et jette un caillou dans l'eau, puis attend jusqu'à ce que les ronds sur la surface ridée de l'eau se dissipent dans l'immobilité." Ce conseil digne d'un sage d'Orient, je l'ai tiré du livre intitulé Chant du coq. Son auteur a deux noms. Il signe ses livres Viktor Fischl mais dans la vie pratique il s'appelle Avigdor Dagan. Il vit à Jérusalem. Dans cette rubrique, je vous ai parlé maintes fois des écrivains tchèques et juifs de langue allemande, le cas de Viktor Fischl est différent. Après quarante années passées en Israël, il a dit: "Je parle plusieurs langues, mais je n'écris mes livres qu'en tchèque. C'est la seule langue qui s'est incrustée en moi et je me suis incrusté en elle déjà dans mon enfance. Dans cette langue je me sens plus libre que dans les autres. En hébreux, je peux écrire un article pour les journaux ou donner une conférence et je peux faire la même chose en anglais, mais quand il s'agit de la prose lyrique et du roman, il ne me reste que le tchèque." En savoir plus







