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Les principaux partis de gauche, sociaux-démocrates et communistes, ont célébré comme de tradition le Premier mai, la Journée internationale des travailleurs, alors qu’ils pourraient bientôt collaborer plus ou moins étroitement dans le cadre d’un gouvernement avec le mouvement ANO. D’autres formations politiques, telles que le mouvement ANO et le parti ODS, tenaient également des stands à Prague durant la journée, tandis que quelques dizaines de militants d’extrême-droite se sont rassemblés à Plzeň.

Le parti communiste de Bohême et Moravie (KSČM), organise chaque année toute une série d’événements pour le 1er mai. Le principal se déroule au parc des expositions à Prague, où, sous un ciel plutôt nuageux, ont été présentés les candidats de cette formation politique pour les élections sénatoriales de l’automne prochain. La tête de liste communiste Marta Semelová veut faire de l’accès au logement sa priorité. « Le logement est notre priorité, afin que tout le monde ait le droit d’avoir un toit sur la tête », a-t-elle déclaré. D’après elle, c’est l’une des hontes du capitalisme de voir des gens menacés de dormir dans la rue.

Tradition oblige, une bande d’une trentaine d’opposants est d’ailleurs venue perturber le rassemblement communiste, en interpellant les participants sur les forfaits attribués à l’ancien régime et en brandissant des drapeaux des Etats-Unis et de l’OTAN.

Les sociaux-démocrates étaient pour leur part réunis une fois de plus sur l’île Střelecký à Prague. Une façon pour la social-démocratie de commémorer le Premier mai sur le lieu même où la fête fut pour la première fois célébrer en pays tchèques. C’était en 1890.

Du côté des syndicats, certains ont célébré la Journée internationale des travailleurs en se rassemblant à Brno, d’autres en échangeant avec leurs collègues slovaques et en envisageant de futures luttes communes à l’occasion d’une rencontre à Žilina en Slovaquie. « Nous avons des économies, tchèque et slovaque, qui fonctionnent très bien. Nous sommes à 90 % de la moyenne de l'Union européenne. Mais nos salaires sont à 30 % », y a expliqué Josef Středula, le président de la Confédération tchéco-morave des syndicats (ČMKOS), qui veut faire de la hausse des salaires sa priorité.

La journée a été marquée par d’autres rassemblements en République tchèque. Plusieurs groupuscules d’extrême-droite s’étaient donné rendez-vous cette année à Plzeň. Le Parti ouvrier de la justice sociale (DSSS), la Jeunesse ouvrière et le Bloc contre l’islamisation n’ont réussi à attirer que deux cents de leurs sympathisants selon la police. Une cinquantaine de militants antifascistes ont également répondu à l’appel.

Des anarchistes ont enfin défilé du côté de l’Île Kampa à Prague et dans la même ville, sur la place Malostranské, des organisations de défense des droits des homosexuels ont partagé un cadeau de mariage géant pour demander la légalisation du mariage entre personnes du même sexe.