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Ce jeudi midi, les étudiants de plus de 200 établissements d'enseignement supérieur mais aussi du secondaire ont participé à une grande grève « d'avertissement » dans tout le pays, pendant une demi-heure. Y ont participé les étudiants de la plupart des universités de Prague, Brno, Olomouc, Ostrava, České Budějovice et d'autres villes universitaires, des dizaines de lycées et écoles secondaires, mais aussi certains théâtres. En quittant massivement les bâtiments de leurs établissements, ils entendaient exprimer leur désaccord avec l’attitude notamment du président de la République Miloš Zeman et du Premier ministre Andrej Babiš.

Les participants à ce mouvement intitulé #Vyjdiven (Sors) demandent à ce que le gouvernement démissionnaire ne prenne aucune décision importante, n'ayant pas le soutien d'une majorité, mais aussi que le chef du gouvernement ne soit pas une personne faisant l'objet de poursuites judiciaires, et que des hauts représentants de l'Etat n'attaquent pas verbalement les médias publics ou les journalistes dans leur ensemble.

A la fin de la grève, les étudiants de la Faculté de théâtre de l’Académie des arts musicaux (DAMU) à Prague, à l'origine de l'appel la semaine dernière, se sont dirigés vers la place Václav Havel à côté du Théâtre national. Là, ils ont organisé un court happening. Jeudi soir, un débat public s'est déroulé au théâtre Jatka 78 sur le thème de la défense de la démocratie et des valeurs constitionnelles.

Ce mouvement de prostestation intervient une semaine après l'investiture du président réélu Miloš Zeman, qui s'est distingué jeudi dernier par des attaques verbales contre la Télévision publique tchèque et les journalistes en général. Elle s'inscrit dans un contexte de mécontentement grandissant dans le pays, qu'a dernièrement illustré la manifestation dirigée contre le président Zeman et qui s'est déroulée mercredi soir, place Venceslas puis devant le Château de Prague, siège de la présidence. La présence à la tête du gouvernement démissionnaire d'Andrej Babiš, actuellement poursuivi par la justice pour une affaire présumée de fraude aux subventions européennes, est également à l'origine de la grogne générale.