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Le président du Comité pour l’indemnisation du génocide rom, Čeněk Růžička, a déposé plainte contre le vice-président de la Chambre des députés et leader du parti d’extrême-droite SPD Tomio Okamura et le député Miloslav Rozner (SPD), en raison de leurs récentes déclarations sur le camp de concentration de Lety. Un groupe d’une dizaine de descendants de survivants de ce camp demande des dommages et intérêts pour préjudice moral. Les représentants de la communauté rom estiment qu’en niant publiquement le génocide rom par les nazis, les deux hommes politiques ont enfreint la loi. Ce n’est pas la première plainte déposée à ce sujet depuis leurs déclarations.

Dans un récent entretien pour le média DVTV, Tomio Okamura avait expliqué en faisant référence à un livre, que le camp n'était pas clôturé et que les détenus disposaient de leur liberté de mouvement. Tomio Okamura avait par la suite présenté des excuses pour ses propos. Dans un texte publié sur Facebook, le politicien continuait cependant d'affirmer que les détenus du camp de concentration pour Roms de Lety pendant la Seconde Guerre mondiale étaient relativement libres de leurs mouvements et qu'ils n'étaient pas ou peu surveillés. Il s'est en revanche excusé pour avoir dit que le camp n'était pas clôturé. Miloslav Rozner, pour sa part, a critiqué le rachat par l’Etat de la porcherie située à l’endroit où se trouvait autrefois le camp de Lety, qu’il avait désigné sous le terme de « pseudo camp de concentration ».

Le camp de Lety, en Bohême du Sud, a été ouvert en août 1940. A partir de mai 1943, 1 308 hommes, femmes et enfants de la communauté rom, y ont été enfermés. 327 y sont morts, et plus de 500 ont été envoyés à Auschwitz. Moins de 600 prisonniers roms sont revenus des camps de concentration à la fin de la guerre. Selon les estimations des historiens, les nazis ont été responsables de l'assassinat de 90% des Roms de Bohême et de Moravie.