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L'association tchéco-rom Konexe a déposé plainte contre le leader du parti anti-migrants SPD, Tomio Okamura, pour ses récents propos sur le camp de concentration de Lety, où ont été enfermés de nombreux Roms pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans un entretien pour le média DVTV, le politicien avait expliqué, en faisant référence à un livre, que le camp n'était pas clôturé et que les détenus disposaient de leur liberté de mouvement. Pour Miroslav Brož, les propos de Tomio Okamura s'apparentent à du négationisme. « Nous sommes inquiets de voir qu'en République tchèque, on tolère le négationisme du génocide rom, quand bien même il s'agit là d'un délit d'après le §405 du Codé pénal, » a précisé le porte-parole de l'association. Vendredi, Tomio Okamura avait présenté des excuses au Musée de la culture rom de Brno pour ses propos, qui, selon l'institution, salissait la mémoire du génocide rom. Dans un texte publié sur Facebook, le politicien continuait cependant d'affirmer que les détenus du camp de concentration pour Roms de Lety pendant la Seconde Guerre mondiale étaient relativement libres de leurs mouvements et qu'ils n'étaient pas ou peu surveillés. Il s'est en revanche excusé pour avoir dit que le camp n'était pas clôturé.

Le camp de Lety a été ouvert en août 1940. A partir de mai 1943, 1 308 Roms, hommes, femmes et enfants, ont été enfermés dans ce camp. 327 y sont morts, et plus de 500 ont été envoyés à Auschwitz. Moins de 600 prisonniers roms sont revenus des camps de concentration à la fin de la guerre. Selon les estimations des historiens, les nazis ont été responsables de l'assassinat de 90% des Roms de Bohême et de Moravie.