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Les membres rom du Conseil gouvernemental en charge des affaires de la minorité rom ont protesté contre des déclarations faites récemment par le président de la République. Interrogé jeudi sur la chaîne de télévision Barrandov au sujet des dernières recommandations faites par l’ONU à la République tchèque au sujet notamment de l’intégration insuffisante des Roms dans la société majoritaire, Miloš Zeman a répondu qu’il n’y avait pas de raison d’appliquer une politique de discrimination positive vis-à-vis des Roms, estimant que « même une discrimination positive reste une forme de discrimination ».

Le chef de l’Etat a expliqué que, selon lui, la grande majorité des personnes asociales en République tchèque étaient des Roms, notamment parce qu’elles refusent le travail qu’il leur est proposé malgré leur bon état de santé. « Que 90% de ces asociaux soient des Roms, est certainement vrai. Il y a aussi 10% de fainéants blancs et nous devons nous comporter de la même façon envers tous de façon à ne discriminer aucun des deux groupes et à ne pas violer les droits de l’homme », a-t-il ajouté.

En réaction à ces propos, les membres du conseil gouvernemental ont publié une lettre ouverte dans laquelle ils estiment que le président d’un pays ne peut pas se permettre de faire de déclarations de ce type sans disposer de données et de chiffres précis. Ils regrettent que ces propos apportent de l’eau au moulin de tous ceux défendant des opinions négatives, Miloš Zeman ayant ainsi fait, toujours selon eux, l’étalage de son incompétence dans le domaine des droits de l’homme.