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Le président du mouvement ANO a réagi aux résultats des élections, samedi en début de soirée, en faisant savoir qu’il entendait solliciter tous les partis qui siègeront à la Chambre des députés pour leur proposer de coopérer pour la formation de la prochaine coalition gouvernementale. Andrej Babiš souhaite que ce nouveau cabinet puisse se former le plus rapidement possible tout en refusant de préciser quels ministères intéressent ANO.

L’ancien ministre des Finances a regretté que neuf partis accèdent à la Chambre des députés, un nombre trop important selon lui. « Notre plus grand problème dans le fonctionnement de l’Etat et de l’autogouvernance est l’agencement de coalition. Nous n’avons malheureusement pas de système majoritaire dont nous aurions besoin pour que l’Etat et le gouvernement puissent fonctionner efficacement », a-t-il déclaré. Andrej Babiš a toutefois précisé qu’une réforme de ce système ne faisait pas partie des priorités d’ANO.

Vainqueur dans les quatorze régions du pays, le mouvement a recueilli 29,6% des suffrages. Andrej Babiš s’est dit agréablement surpris par ce score « incroyable » compte tenu de la campagne négative dont a été l’objet son mouvement. Il a refusé les étiquettes selon lesquelles ANO est un parti populiste et antieuropéen. Andrej Babiš a souligné que la République tchèque était et resterait un membre à part entière de l’Union européenne et de l’OTAN, tout en rejetant la création d’une Europe à deux vitesses.

Le mouvement ANO a remporté les élections législatives qui se sont tenus en République tchèque ces vendredi et samedi. Grand favori, le parti de tendance libérale a recueilli près de 30% des suffrages. Son leader Andrej Babiš sera chargé de la formation du prochain gouvernement, qui succèdera à la coalition tripartite de centre-gauche sortante dirigée par le social-démocrate Bohuslav Sobotka.

Pour la première fois dans l’histoire du pays depuis 1993, aucun parti traditionnel de droite ou de gauche n’est arrivé en tête. Tandis que la social-démocratie doit se contenter de seulement 8% des suffrages, le parti conservateur ODS est arrivé en deuxième position avec un score légèrement supérieur à 11%.

Ces élections ont été marquées également par le succès du parti d’extrême-droite Liberté et démocratie directe (SPD). Près de 11% des électeurs tchèques ont voté en faveur de la formation ouvertement anti-migrants, anti-Rom et anti-Union européenne. Un résultat pleinement satisfaisant pour son leader Tomio Okamura :

« Je voudrais remercier tous les citoyens de République tchèque qui ont voté en notre faveur. Je suis heureux que nos idées et notre programme qui visent à introduire la démocratie directe, à donner le pouvoir aux citoyens, à arrêter l’islamisation de la République tchèque et à stopper tout accueil de migrants, aient bénéficié d’un si grand soutien de quelque 500 000 électeurs. »

Autre succès, celui des Pirates, avec un score proche des 11%. Phénomène à l’échelle européenne, Les Pirates accèdent au Parlement pour la première fois de leur histoire. Un résultat presqu’inespéré pour leur chef Ivan Bartos :

« Je crois que nous sommes parvenus à mobiliser non seulement tous ceux qui votent pour la première fois, mais aussi ceux qui n’ont pas voté ces dix à quinze dernières années. »

Grande déception en revanche pour les communistes, cinquièmes avec moins de 8% des suffrages, très loin de leurs scores des élections précédentes, et aussi pour la social-démocratie. Le Premier ministre a aussitôt exprimé sa déception. Déçu par le faible score réalisé par la social-démocratie, dont il n’est plus le leader, Bohuslav Sobotka l’est aussi par les résultats d’ensemble des élections. Le chef du gouvernement s’est dit inquiet par la montée en puissance des partis extrémistes, et notamment du SPD de Tomio Okamura.

Toujours selon Bohuslav Sobotka, la social-démocratie, qui a obtenu son plus mauvais résultat dans l’histoire de la République tchèque, se doit d’analyser non seulement les raisons de cet échec mais aussi l’augmentation des préférences pour les partis populistes, alors que le pays est dans une bonne condition.

Les chrétiens-démocrates, les Maires et indépendants (STAN) et enfin TOP 09, formation conservatrice, sont les autres partis qui accèdent à la Chambre des députés avec pour tous les trois des résultats légèrement supérieurs à 5%, seuil minimum pour siéger à la chambre basse du Parlement composée de 200 membres.

Neuf partis seront donc représentés à la Chambre des députés, le nombre le plus important de l’histoire du pays. Une répartition des forces qui laisse entrevoir des négociations compliquées pour la formation d’une coalition gouvernementale.