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Pendant toute la journée de samedi, tout comme vendredi d'ailleurs, l'atmosphère dans la salle Espagnole et dans les couloirs a été tendue et très animée, les politiciens des deux camps s'accusant mutuellement même devant les caméras de télévision. Les deux réunions, de vendredi et de samedi, ont été retransmises en direct et largement commentées par la Télévision publique tchèque...

Guillaume Narguet a suivi le déroulement sur place: « Tout ça pour ça... a-t-on envie de dire après deux jours de négociations âpres et tendues, parce que je peux vous garantir que l’ambiance dans les couloirs du Château de Prague était vraiment tendue ces vendredi et samedi. Ni Vaclav Klaus ni Jan Švejnar n’a donc été élu président de la République. Ce n’est pas vraiment un scénario-surprise car celui-ci avait été régulièrement annoncé dans les semaines et jours précédents la tenue de l’élection. Comme ils l’avaient annoncé, les communistes ne se sont prononcés en faveur d’aucun candidat lors du troisième tour de cette première élection. Or il avait été pronostiqué que les voix communistes pouvaient faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Depuis le début de la séance samedi matin, les interruptions ont succédé aux interruptions et ont laissé place pendant ce temps-là aux bruits de couloirs les plus divers. Quant aux parlementaires, quel que soit leur camp et le candidat qu’ils soutenaient, ils n’ont cessé de se lancer des attaques sur les différentes pressions qui auraient été exercées sur certains de leurs députés et sénateurs. Bref, c’était une ambiance tendue, voire exécrable qui a regné pendant ces deux jours de la première élection. Et on peut désormais supposer qu’il en sera de même lors des jours qui vont suivre et précéder la tenue de la deuxième élection. »

La deuxième élection présidentielle aura lieu dans une semaine, le vendredi 15 février, au Château de Prague. L'accord a été trouvé à ce sujet entre les chefs des partis représentantés au Parlement et le président de la Chambre des députés, Miloslav Vlček.

Que pense de la première élection la député chrétienne-démocrate, Michaela Šojdrová? Guillaume Narguet: -Madame Šojdrová, on vient de vivre deux jours de négociations difficiles pour un résultat qui était plus ou moins attendu, à savoir qu’aucun des deux candidats n’a été élu…

« Oui, mais il y a un résultat grâce auquel on connaît désormais très bien les forces. Tout le monde sait qui soutient qui. A mon avis, c’est donc beaucoup plus clair. »

-Comme ils l’avaient annoncé avant la tenue de l’élection, les communistes se sont abstenus lors du troisième tour, ils n’ont pas continué de voter pour Jan Švejnar comme ils l’avaient fait lors des deux premiers tours. Or, il s’avère que sans leur soutien, Jan Švejnar peut difficilement être élu.

« Malheureusement, c’est leur stratégie. Mais la question est de savoir si c’est positif ou négatif que les communistes ne votent pas pour Jan Švejnar. Selon moi, c’est dommage car ainsi, il ne peut pas être élu. Mais je ne suis pas non plus certaine que ce soit le véritable désir de Jan Švejnar d’être élu par les communistes. Je ne le pense pas. »

-L’élection du président n’est pas suivie de très près à l’étranger, et heureusement a-t-on presque envie de dire. Selon vous, quelle image avez-vous, vous députés et sénateurs, donné de la scène politique tchèque au cours de ces deux jours ?

« Je crois que cela a été une élection très nerveuse. C’était vraiment un combat entre deux camps, entre un camp qui soutient Vaclav Klaus et un autre qui soutient Jan Švejnar. Mais c’est la vie politique. A mon avis, il n’y a là rien d’extraordinaire. Je crois que c’était une marche qui mène vers une deuxième élection. »

-Donc, selon vous, pendant ces deux jours de discussions et de négociations, ce n’est finalement rien d’autre que la démocratie qui a bien fonctionné ?

« Oui, j’en suis convaincue. C’était la première fois que nous avons voté à main levée. C’est donc une grande expérience. »