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C'est la question que se posent beaucoup de Tchèques et d'observateurs étrangers, alors que les résultats des élections législatives ne permettent à priori à aucun parti de former une coalition gouvernementale viable qui s'appuierait sur une majorité stable.

Le Parti civique démocrate (ODS) est pourtant sorti vainqueur de ces élections, avec plus de 35% des suffrages exprimés, devant le Parti social démocrate (CSSD) du Premier ministre sortant, à 32%. Mais les 200 sièges de la Chambre des députés sont répartis de telle manière que les partis dits « de droite » que sont l'ODS(81 sièges), le Parti chrétien démocrate (KDU-CSL,13 sièges), et les Verts (SZ, 6 sièges) ne représentent ensemble que 100 sièges, soit l'exacte moitié, l'autre moitié étant occupée par les partis dits « de gauche », que sont le CSSD (74 sièges) et les communistes du KSCM (26 sièges).

Dès ce lundi, le président de la République devrait officiellement ouvrir les négociations en vue de former un nouveau gouvernement. Des négociations qui s'annoncent d'autant plus difficiles que la tension qui régnait quelques jours avant les élections n'a pas vraiment diminué. Jiri Paroubek, le chef du gouvernement sortant, qui avait menacé de contester la validité des élections samedi soir, semble cependant avoir mis un peu d'eau dans son vin ce dimanche. Il s'est dit prêt à rentrer dans l'opposition, même s'il n'a pas exclu l'éventualité d'une coalition gouvernementale menée par son parti, si les négociations menées par son adversaire échouent.

Bref, la situation est loin d'être simple, et si les Tchèques, qui ont été relativement nombreux à se rendre aux urnes, espéraient voir se terminer une période de certaine instabilité politique, il semble que la solution ne soit pas trouvée de sitôt. La première rencontre entre les principaux leaders, devant les caméras de la télévision publique tchèque ce dimanche, n'a pas laissé entrevoir une rapide sortie de crise.

Dimanche matin, le chef du Parti communiste, Vojtech Filip, a proposé la formation d'un gouvernement d'union nationale, au sein duquel seraient représentés les cinq partis parlementaires. Une hypothèse considérée comme "peu réaliste" par Jiri Paroubek et rejetée par les partis de droite, qui refusent de mener des négociations avec un parti qu'il ne considère pas comme démocratique.

Pour le politologue Jiri Pehe, l'une des seules issues à la crise politique que risque de traverser le pays serait la formation d'une grande coalition « à l'allemande », composée par les deux plus grands partis du pays, l'ODS et le CSSD:

« L'hypothèse la plus probable est celle d'une grande coalition, parce que le parti des Verts est composé de deux fractions, l'une prête à collaborer avec l'ODS, l'autre plutôt de gauche, qui risque de poser des problèmes à leur chef, Martin Bursik, et à l'ODS. L'hypothèse d'une grande coalition serait alors la seule solution. »