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La chancelière allemande Angela Merkel est à Prague ce jeudi. L’avenir de l’UE après le « Brexit » et la crise migratoire sont les deux principaux thèmes au programme de sa visite. La chancelière a d'abord rencontré le premier ministre Bohuslav Sobotka. Après leur entretien, ils ont affirmé que la Tchéquie et l'Allemagne partageaient des positions similaires sur de nombreux points relatifs aux questions migratoires, notamment au sujet de la protection des frontières de l'espace Schengen. Les approches des deux pays divergent en revanche sur la proposition des quotas d'accueil des réfugiés, une disposition soutenue par Berlin mais à laquelle s'opposent Prague et ses partenaires du groupe de Visegrád. Angela Merkel a toutefois déclaré que l'important était de maintenir le dialogue sur cette thématique. Les discussions ont par ailleurs également concerné les relations bilatérales entre les deux pays. Bohuslav Sobotka a notamment évoqué la création d’une ligne à grande vitesse qui pourrait relier Prague à Dresde ou encore la coopération tchéco-allemande dans le domaine de la science.

En fin d'après-midi, la chancelière a été accueillie au château de Prague avec un bouquet de fleurs par le chef de l'Etat Miloš Zeman. Le président, très opposé à l'idée des quotas et à l'accueil des réfugiés, veut évoquer ce sujet avec Mme Merkel. Cette entrevue doit être suivie d'une rencontre avec différents politiques tchèques dont le ministre des Finances Andrej Babiš, le ministre des Affaires étrangères Lubomír Zaorálek, ainsi que l’ambassadeur tchèque en Allemagne Tomáš Jan Podivínský.

Durant la visite de Mme Merkel ce jeudi, quelques rassemblements étaient organisés à Prague, soit pour soutenir la politique de la chancelière, soit au contraire pour la critiquer. D'après l'agence de presse ČTK, 200 personnes ont ainsi manifesté sur la place Malostranské náměstí contre la chancelière allemande. On trouvait parmi elles l'islamophobe Martin Konvička ou bien encore le député Tomio Okamura.

La visite de la chancelière est envisagée de longue date et la diplomatie tchèque souhaitait qu'elle ait lieu durant la présidence tchèque du groupe de Visegrád, qui s'est achevée en juillet. D'après des sources citées par l'agence de presse ČTK, Angela Merkel ne serait pas venue à cette occasion en raison du manque de solidarité des quatre pays de ce groupe, la Hongrie, la Slovaquie, la Pologne et la Tchéquie, vis-à-vis des réfugiés, ainsi que de leur opposition au dispositif des quotas.