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« Chers compatriotes » : c’est avec ces mots que le ministre tchèque de la Culture a entamé son discours, tenu en allemand, ce dimanche, lors du congrès des Allemands des Sudètes, le 67e de l’histoire, qui s’est tenu ces samedi et dimanche à Nuremberg (Bavière). Vivement applaudi par les plus de 3 000 participants, Daniel Herman était le premier membre d’un gouvernement tchèque à s’exprimer dans le cadre du rassemblement annuel depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Soixante-dix ans après l’expulsion des Allemands des Sudètes de Tchécoslovaquie, Daniel Herman a d’abord rappelé les crimes nazis ainsi que la violence des actes commis par les Tchèques vis-à-vis de la population germanophone de Tchécoslovaquie à la fin de la guerre. Le ministre a estimé que le rapprochement entre les deux peuples avait été freiné par les quarante années au cours desquelles les communistes sont restés au pouvoir en Tchécoslovaquie. « Le dialogue et la réconciliation franco-allemands nous montrent le retard qu’ont engendré les quarante années de régime communiste », a regretté Daniel Herman. De son côté, Bernd Posselt, le président de l’Association des Allemands des Sudètes, a qualifié le discours de Daniel Herman de « moment historique ». Selon lui, sa présence signifie que le gouvernement tchèque a refusé le principe de responsabilité collective qui a prévalu lors de l’expulsion de la minorité allemande de Tchécoslovaquie à l’issue de la guerre.