Faits et événements Une visite « non politique » du dalaï-lama à Prague

02-12-2008 15:09 | Alena Gebertová

Fin ce mardi de la visite de quatre jours du dalaï-lama en République tchèque, effectuée à l’invitation de l’ex-président tchèque Václav Havel et de la fondation Forum 2000.

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Le dalaï-lama avec Václav Havel, photo: CTKLe dalaï-lama avec Václav Havel, photo: CTK Prague semble être une des destinations privilégiées du dalaï-lama. Sa première visite dans le pays remonte au mois de février 1990. Celle-ci traduisait la volonté du président tchécoslovaque d’alors, Václav Havel, de donner au pays et à la population, se réveillant de la léthargie communiste, un souffle spirituel. Par ailleurs, rappelons que deux mois plus tard, les Tchèques ont pu accueillir le pape Jean-Paul II… Depuis, le dalaï-lama s’est rendu à plusieurs reprises à Prague, pour participer notamment à des conférences du Forum 2000.

Le dalaï-lama, photo: CTKLe dalaï-lama, photo: CTK Lors de ce dernier séjour à Prague, le dalaï-lama a tenu à souligner la dimension non politique de cette visite. Lors d’une conférence de presse, il a déclaré :

« D’habitude, mes visites dans les différents pays n’ont pas un caractère politique, sauf quand je me rends à Washington et à Bruxelles où j’ai parfois un programme politique, lorsqu’il s’agit de traiter une question politique. Mais à part cela, où que j’aille, je cherche à promouvoir les valeurs humaines, parce que partout, chaque individu aspire en tout premier lieu à une vie heureuse. Les gens ont tendance à considérer que le plus important dans la vie est l’argent. Même si son importance ne se discute pas, il existe aussi les sentiments et face aux émotions, l’argent ne peut rien faire ».

Mirek Topolánek et le dalaï-lama, photo: CTKMirek Topolánek et le dalaï-lama, photo: CTK Des questions d’ordre politique n’ont pourtant pas été évitées pendant le séjour du dalaï-lama à Prague. La situation au Tibet et la façon dont la communauté internationale, l’Union européenne et les prix Nobel pourraient soutenir la cause tibétaine, voilà celles qui ont été soulevées lors de la rencontre entre le chef spirituel tibétain et Václav Havel. Une rencontre qui a en outre donné aux deux hommes l’occasion de s’assurer de leur respect mutuel, de leurs sympathies et de confirmer leur amitié. Le dalaï-lama a eu aussi une entrevue « privée » avec le Premier ministre Mirek Topolánek. Cette rencontre donnera-t-elle lieu à des réactions négatives de Pékin? Selon la presse tchèque, on peut s’attendre à ce qu’elle ait un retentissement bien plus modeste que la rencontre prévue entre le dalaï-lama et le président français Nicolas Sarkozy, le 6 décembre en Pologne.

Prague souhaiterait organiser un sommet UE-Israël

02-12-2008 15:09 | Alexis Rosenzweig

La République tchèque prend la présidence du Conseil de l’Union européenne dans moins d’un mois maintenant. Une première depuis l’adhésion du pays en 2004. Prague a déjà indiqué vouloir profiter de cette présidence pour renforcer les liens avec les pays de l’Est. Mais pas seulement : de passage en Israël en début de semaine, le chef de la diplomatie tchèque a fait savoir que la République tchèque voudrait organiser le premier sommet entre l’Union européenne et l’Etat hébreu.

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Karel Schwarzenberg et Salam Fayyad à Ramallah, photo: CTKKarel Schwarzenberg et Salam Fayyad à Ramallah, photo: CTK Karel Schwarzenberg était dimanche et lundi en Israël et dans les Territoires palestiniens. Côté palestinien, il s’est entretenu avec le Premier ministre Salam Fayyad. Côté israélien, il a notamment rencontré les deux principaux prétendants au poste de Premier ministre, son homologue Tzipi Livni et le chef du Likoud, Benyamin Netanyahou. Prague souhaite profiter de ses bonnes relations tant avec les Israéliens qu’avec les Palestiniens pour jouer un rôle de médiateur dans la région.

Tzipi Livni et Karel Schwarzenberg, photo: CTKTzipi Livni et Karel Schwarzenberg, photo: CTK Le ministre tchèque des Affaires étrangères a également confirmé que Prague espérait pouvoir organiser le premier sommet UE-Israël pendant sa présidence : « Ce sommet, ce serait la cerise sur le gâteau. Mais ce qu’il faut faire avant, c’est cuire ce gâteau. »

Une métaphore employée par le chef de la diplomatie pour souligner que l’affaire est loin d’être dans le sac. Nouveau président américain, élections législatives anticipées, nouvelle initiative de l’UE pour la paix en 2009 : difficile de planifier un sommet avec ces changements annoncés.

Karel Schwarzenberg à Jérusalem, photo: CTKKarel Schwarzenberg à Jérusalem, photo: CTK A propos de cette initiative de l’UE, Karel Schwarzenberg a indiqué au quotidien Haaretz qu’il voulait encore en discuter avec ses homologues européens et avec la Commission. Il a également mis en garde Tel-Aviv contre une attaque contre l’Iran : « Je comprends pourquoi Israël dit que toutes les options restent envisageables, mais je pense que toute action armée ou toute guerre serait vraiment une catastrophe », a déclaré Karel Schwarzenberg.

Interrogé sur le radar que Washington veut déployer en Bohême, il a indiqué que le bouclier antimissile était destiné à contrer « tout danger dans cette région – peut-être l’Iran ou tout autre pays qui pourrait devenir un danger, et c’est la raison pour laquelle nous avons besoin de protection pour l’Europe et l’Amérique du Nord. »

Danièle Sallenave : «Simone de Beauvoir m’a donné confiance pour choisir librement ma vie.»

02-12-2008 15:09 | Václav Richter

Pour célébrer le centenaire de Simone de Beauvoir, l’Institut français de Prague a organisé une conférence dont le but était de rappeler l’œuvre et la vie d’une des intellectuelles les plus remarquables et aussi les plus controversées du XXe siècle, mais aussi de contribuer à la discussion sur la situation et le rôle de la femme à l'époque actuelle. Trois femmes profondément influencées par l’auteur du « Deuxième sexe », ont été invitées pour animer cette conférence : Danièle Sallenave, Madeleine Gobeil-Noël et Hana Havelková. L’écrivain et dramaturge Danièle Sallenave a présenté aux Pragois sa biographie de Simone de Beauvoir intitulée « Castor de guerre » et parue, cette année, aux éditions Gallimard. Elle a expliqué au micro de Radio Prague pourquoi elle a écrit ce livre :

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Danièle Sallenave, photo: C. Hélie-GallimardDanièle Sallenave, photo: C. Hélie-Gallimard «Mon but n’était pas seulement d’enrichir la connaissance de sa personnalité mais surtout de montrer que les Mémoires de Simone de Beauvoir ne sont pas simplement une biographie où elle raconte des faits. C’est aussi une interprétation qu’elle donne de sa vie. Et cela m’a amusée et intéressée de voir comment elle se voyait, comment elle se décrivait. Une lecture de ses Mémoires le montre.»

Quel rôle cette femme, philosophe et écrivain a joué dans votre vie?

 «Ce rôle pour moi, il est tout entier dans la lecture que j’ai faite, dans le premier volume des Mémoires, ‘Les Mémoires d’une jeune fille rangée’, où elle donnait à ceux qui la lisaient, et j’espère aux garçons autant qu’aux jeunes filles, l’idée : ‘Je dois choisir librement ma vie’. Si je suis une femme, je ne suis pas obligée de faire ce que veut la tradition, la religion, la morale. Je peux aussi choisir librement d’être mère ou de ne pas l’être. Et pas seulement. Elle voulait aussi un destin d’écrivain, destin d’une femme qui se choisit librement. Et cela m’a donné confiance.»

Simone de BeauvoirSimone de Beauvoir Quelles idées de Simone de Beauvoir sur la femme et sur la condition féminine restent actuelles?

 «Ce qui me paraît actuel, c’est qu’elle souhaite qu’on n’accepte pas les formes quelles qu’elles soient, tantôt économiques, tantôt, sociales, tantôt religieuses, de soumission des femmes. Elle voit bien que dans l’histoire de l’humanité il y toujours eu deux sexes, et qu’il y avait un sexe qui dominait l’autre. Elle cherche les raisons de cette domination. Elle pense que la principale raison, c’est que la femme ou les femmes font les enfants, et elle pense que ce n’est pas le destin des femmes. C’est une possibilité pour les femmes, ce n’est pas leur unique destin. Mais il y a pourtant beaucoup d’endroits dans le monde où les femmes n’ont d’autre destin que de faire des enfants. Et pour elle, c’est une manière de réduire leur liberté d’être humain.»

(Nous vous proposerons la version intégrale de l’entretien avec Danièle Sallenave, ce samedi, dans la rubrique Rencontres littéraires.)

Antonín Panenka souffle ses 60 bougies

02-12-2008 15:09 | Alain Slivinský

Antonín Panenka, c’est une des légendes du football tchèque ou tchécoslovaque avant la naissance de la Tchéquie indépendante en 1993. C’est une légende en raison, entre autres, de ce qu’on appelle couramment la « panenka », un geste technique encore jamais réalisé avant lui. Né le 2 décembre 1948, Antonín Panenka fête ses 60 printemps ce mardi.

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Antonín Panenka, photo: CTKAntonín Panenka, photo: CTK Antonín Panenka, c’est 23 ans de carrière au sein de ce qu’on peut appeler « son » club, les Bohemians de Prague jusqu’à 1981, aujourd’hui Bohemians 1905 dont il est le président. Panenka a joué aussi dans les rangs du Rapid de Vienne de 1981 à 1985 et de Sankt Pölten de 1985 à 1987. Il a représenté l’ancienne Tchécoslovaquie pour la première fois contre l’Ecosse en 1973, et au cours de 59 rencontres jouées avec la sélection nationale, il a marqué 18 buts. Il est devenu la vedette du Championnat d’Europe à Belgrade, justement grâce à un tir au but encore jamais vu, sa fameuse « panenka ». Il nous l’explique maintenant :

Le pénalty d'Antonín Panenka au championnat d'Europe 1976Le pénalty d'Antonín Panenka au championnat d'Europe 1976 « Cela n’était pas difficile, mais personne n’avait encore tiré ainsi. J’ai inventé ce tir au but sur le stade des Bohemians, avec le très bon gardien Hruška. Il arrêtait toujours mes tirs, alors j’ai réfléchi et je me suis dit que si je faisais une frappe piquée en touchant légèrement le ballon, en plein milieu du but, le gardien qui plongera sur un côté n’aura plus le temps de revenir au centre. »

Et c’est ce qui se passa à Belgrade : en finale, contre l’Allemagne, Panenka avait la victoire « au bout de la chaussure » lors des tirs au but. Il ridiculisa véritablement le célèbre gardien allemand Sepp Maier avec sa « panenka » qui est entrée dans les annales du football mondial.

Josef Masopust et Antonín Panenka, photo: CTKJosef Masopust et Antonín Panenka, photo: CTK Dans l’édition de ce 2 décembre du quotidien gratuit Metro, Antonín Panenka affirme qu’il a horriblement peur des anniversaires, mais qu’il se doit de fêter dignement la soixantaine. Il devra la fêter plusieurs fois : avec sa famille, au café où il va, avec la Fondation des Internationaux et, naturellement au club des Bohemians. Antonín Panenka a aussi été décoré par le président de la République, à l’occasion de la fête nationale, le 28 octobre de cette année. Il n’est pas très courant de décorer les joueurs de football, mais il pense que c’est la reconnaissance de tout ce qu’il a fait et bien fait pour le football. Quand on lui demande quelle a été la plus forte impression de sa carrière, il répond tout simplement que c’était de pouvoir jouer ou même seulement rencontrer des joueurs tels que Bobby Charlton, Eusébio, Cruyff ou Beckenbauer, de pouvoir les considérer comme des partenaires. Antonín Panenka joue-t-il encore au foot ? Non, car depuis deux ans il a des problèmes avec les hanches. Par contre, il pratique le golf, le tennis et le tennis de table, tout comme d’autres sports où on ne bouge pas beaucoup comme les cartes ou le billard. Rappelons encore que Panenka a été l’un des meilleurs milieux de terrain de sa génération et qu’il n’est donc pas célèbre seulement grâce à son « coup » de Belgrade. Il figurait ainsi dans la sélection nationale médaille de bronze à l’Euro 1980 et a été sacré deux fois champion d’Autriche avec le Rapid de Vienne. En 1985, il a joué avec cette équipe la finale de la Coupe des vainqueurs de coupes.

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