Faits et événements Rome autorise un prêtre marié à exercer son ministère

09-06-2008 14:15 | Anna Kubišta

C’est un cas peu commun au sein de l’Eglise catholique. Le pape a reconnu à un homme marié, père de quatre enfants, le droit de devenir prêtre et d’exercer son ministère. Cet homme, c’est Jan Kofroň, secrétaire de l’évêque de Prague Václav Malý, et son histoire met en lumière un aspect méconnu de l’Eglise catholique en RT.

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Photo: www.apha.czPhoto: www.apha.cz Aux sources de ce cas sans précédent en RT, il y a 50 ans de passé communiste : sous le régime totalitaire certains prêtres et évêques sont ordonnés clandestinement. Parmi eux, il y en a qui choisissent de se marierpour ne pas attirer l’attention sur eux. Et de façon générale, la survie de l’Eglise catholique sous un régime largement réfractaire à la religion passe par l’assouplissement de certaines règles de base du canon. Ainsi, des femmes seront ordonnées prêtres.

Toutes ces ‘anomalies’ ont eu un mérite, celui de maintenir l’église sous la persécution. Jan Kofroň, lui, a été secrètement ordonné prêtre sous le communisme, alors qu’il était déjà un homme marié. Il rejoint alors ainsi l’« Eglise souterraine » en Tchécoslovaquie, qu’on pourrait presque appeler « Eglise underground » par analogie avec le mouvement dissident.

1989 apportera la liberté mais un vrai problème pour le Vatican qui voit d’un mauvais oeil cette communauté ecclésiastique tchèque clandestine. Rome demande aux prêtres d’être ordonnés sub conditione, sous condition, selon la terminologie ecclésiastique. Une procédure déjà utilisée dans le cas des anglicans revenus dans le giron catholique. Les prêtres célibataires tchèques rentrent dans le rang de l’église romaine. Les prêtres mariés rejoignent l’église orthodoxe qui n’exige pas le célibat.

Václav MalýVáclav Malý C’est il y a trois semaines environ que l’évêque de Prague, Václav Malý, a ordonné l’ancien prêtre clandestin Jan Kofroň sous condition, qui en a fait la demande après une longue réflexion :

« Je me suis décidé à sauter le pas à un moment de crise personnelle. Et aussi parce que cela fait 17 ans que je vais visiter l’hôpital psychiatrique de Bohnice à Prague, que je me rends dans des maisons pour personnes âgées où je vais parler aux patients. J’ai compris qu’il fallait que je serve aussi ces personnes en leur administrant les sacrements. »

Une décision d’abord difficile à prendre, car du point de vue de l’église cette ordination suppose que la personne n’était pas ordonnée auparavant. Difficile à admettre parfois pour ces anciens prêtres clandestins puisque cela revient à invalider l’ordination précédente.

Pour Jan Kofroň, cet événement a finalement pris la forme d’une sorte de libération intérieure :

« Au début j’ai eu du mal à l’accepter en moi. Mais les craintes du début se sont estompées, et j’ai finalement vécu cette ordination dans la joie. Et le soutien de ma famille à mes activités est particulièrement important notamment depuis que j’ai pris cette décision. Cette officialisation a fait que j’ai vu ma femme vraiment heureuse. »

Le pas franchi par le pape Benoît XVI en autorisant l’ordination de Jan Kofroň est considéré comme une avancée certaine par la communauté ecclésiastique tchèque autrefois clandestine, qui s’est sentie lontemps abandonnée par Rome.

Grogne des enseignants tchèques

09-06-2008 14:15 | Václav Richter

Plus de 6000 écoles, soit plus de la moitié des établissements scolaires de toute la République tchèque, sont restées fermées, ce lundi. Les pédagogues et employés des écoles maternelles, primaires et de second degré, sont entrés en grève pour une journée. Ils sont 130 000 à revendiquer une augmentation des salaires, car, comme ils l’affirment, cette année, leurs salaires réels ont baissé.

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František DobšíkFrantišek Dobšík Chaque nouveau gouvernement tchèque présente parmi ses priorités une amélioration de la situation des enseignants mais la réalisation de ces promesses ne leur apporte que rarement satisfaction. Pourtant le ministre de l’Education Ondřej Liška a obtenu pour les 18 mois à venir une augmentation du budget scolaire de 4,5 milliards de couronnes, quelque 180 millions d’euros. A en croire le ministre, c’est une amélioration sensible. Les enseignants, eux, estiment que ce n’est pas suffisant. Le président de l’Union syndicale de l’enseignement František Dobšík définit leurs revendications :

« Le gouvernement devrait réviser son attitude et montrer qu’il désire trouver encore cette année les moyens pour financer ce qui manque, c’est-à-dire pour les manuels et les accessoires scolaires, pour la formation des pédagogues et bien sûr pour leur rémunération afin d’éviter la baisse des salaires réels. »

Photo: CTKPhoto: CTK Cette fois-ci la grogne ne concerne pas seulement les enseignants mais aussi le personnel administratif et technique des écoles. Parmi les grévistes il y a donc également, par exemple, le concierge de l’école primaire de la ville de Zruč nad Sázavou Václav Herould :

« Je touche 11 900 couronnes, quelque 480 euros, par mois, et c’est le salaire brut. J’ai commencé à travailler dans cette école, il y a 23 ans, avec un salaire de 2600 couronnes, mais à l’époque c’était une somme tout à fait satisfaisante. Je dirais que la stagnation salariale s’aggrave. En tant qu’homme ayant une formation de second degré et qui doit connaître plusieurs métiers, je me considère comme très mal rémunéré.»

Les critiques du système scolaire tchèque lui reprochent d’être trop généreux et d’employer beaucoup trop d’enseignants. František Dobšík ne pense pas que ce soit justifié :

Photo: CTKPhoto: CTK « Les nombres moyens d’enseignants et d’élèves par enseignant sont à peu près équivalents à la situation dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Nous n’avons pas de cas extrêmes comme des classes où le nombre d’écoliers serait trop en-dessous de la normale. Evidemment il y a des écoles qui n’atteignent pas le nombre moyen d’élèves par enseignant. Mais le gouvernement a manifesté dans sa déclaration-programme sa volonté de soutenir les écoles de moindre importance dans de petites communes pour conserver le lien social et pour mettre l’instruction à la portée de tous les élèves et de leurs parents.»

Selon František Dobšík, si le gouvernement voulait adopter une politique plus restrictive, il serait obligé de supprimer certaines écoles et d’élever le nombre d’élèves par classe par exemple à 25. Aujourd’hui, il est de 18 en moyenne. Pour l’instant le syndicat de l’enseignement manque d’informations sur les réactions que le mouvement de protestation a suscitées dans les écoles privées mais il est peu probable que ces établissements, qui sont à peu près 600, se soient massivement joints à la grève.

Le théâtre à ciel ouvert de Český Krumlov a fêté, dimanche, ses 50 ans

09-06-2008 14:15 | Jaroslava Gissübelová

Depuis le 8 juin 1958, date de la première mise en scène sur un plateau qui tourne au gré des situations et des acteurs, le théâtre à ciel ouvert de Český Krumlov a accueilli près de 1 700 000 spectateurs et donné plus de 2800 représentations. Ces jours-ci, le théâtre vit à l’heure de « l’Eté sous les étoiles » - un festival de théâtre et d’opéra à ciel ouvert.

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Photo: www.otacivehlediste.czPhoto: www.otacivehlediste.cz La ville de Český Krumlov en Bohême du sud possède deux théâtres tout à fait rares et uniques au monde : le théâtre baroque construit en 1680 au château de Krumlov qui est aujourd’hui le seul théâtre baroque conservé dans son état d’origine, à part le théâtre royal de Drottningholm en Suède. Le deuxième théâtre unique de Český Krumlov, c’est une scène à ciel ouvert installée dans le parc du château par l’architecte et scénographe Joan Brehms. Le directeur du théâtre de Bohême du sud, Jiří Šesták se souvient des débuts :

Jiří Šesták, photo: www.otacivehlediste.czJiří Šesták, photo: www.otacivehlediste.cz « Cinquante ans se sont écoulés le 8 juin depuis la première mise en scène de la pièce ‘Le visage perdu’ de Weisenborn, en 1958. Il s’agissait alors de la première version du plateau tournant, assez primitive : elle pouvait accueillir 60 personnes au maximum et était mise en marche par la force humaine – des soldats de la garnison de České Budějovice. Mais déjà, l’année d’après, le scénographe Joan Brehms et le metteur en scène Otto Haas ont conçu une scène pour 400 spectateurs. Depuis 1960, la scène a une propulsion électrique et sa capacité s’est accrue à 850 spectateurs. »

Le plateau actuel a vu le jour en 1993, il pèse 750 tonnes ce qui est l’un de ses défauts, à part le principal handicap qui est d’ordre esthétique : l’architecture des années 60 ne s’accorde pas avec les éléments baroques du parc, raison pour laquelle l’existence du théâtre à ciel ouvert de Český Krumlov a été maintes fois remise en cause et l’UNESCO a menacé de rayer la ville de sa liste du patrimoine mondial. Jiří Šesták se dit réaliste :

'Force du destin', photo: www.otacivehlediste.cz'Force du destin', photo: www.otacivehlediste.cz « Du point de vue de la protection des monuments, l’emplacement du théâtre, au milieu du jardin, est négatif et il est impossible de l’ignorer. L’avenir de la scène consiste dans son déplacement, en dehors du parc du château. Mais ce ne sera pas le cas avant les 10 prochaines années, au minimum. Nous disons que le plateau tournant de Český Krumlov est le seul au monde, ce qui n’est pas tout à fait vrai, une seconde scène à ciel ouvert qui tourne se trouve à Tampere, en Finlande, mais celle de Český Krumlov est la seule qui donne des représentations le soir. »

'Rusalka', photo: www.otacivehlediste.cz'Rusalka', photo: www.otacivehlediste.cz L’Eté sous les étoiles est, en effet, le titre d’un festival de théâtre et d’opéra qui se déroule à Český Krumlov depuis le 6 juin jusqu’au 23 juillet. Cette année, la programmation met l’accent sur les opéras, dit Jiří Šesták :

« La première de la ‘Force du destin’ de Giuseppe Verdi donnée avec participation d’hôtes du Metropolitan opera de New York sera un point fort du festival, ainsi que ‘Rusalka’ – L’Ondine - d’Antonín Dvořák qui est au programme depuis cinq saisons, avec Eva Urbanová dans le rôle titre : le plateau tournant est un cadre idéal pour cet opéra, Dvořák ne pouvait pas souhaiter mieux. »

Cette année, le théâtre à ciel ouvert de Český Krumlov s’attend à une participation de 55 000 spectateurs dont près de 7000 viendront de l’étranger.

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