Faits et événements Trentième anniversaire du vol du premier cosmonaute tchécoslovaque
C’était le 2 mars 1978, une journée mémorable car c’était la première fois, et malheureusement la dernière fois jusqu’à maintenant, qu’on a entendu parler tchèque dans l’espace, à l’occasion du vol de Vladimír Remek à bord d’un vaisseau soviétique.
Vladimír Remek
Après un dur entraînement et une sévère sélection, c’est Vladimir
Remek qui avait reçu la priorité devant son collègue tchèque du
cosmodrome de Baïkonour, Oldřich Pelčák. Ainsi donc, Remek, à bord du
vaisseau Soyouz, pouvait saluer en tchèque ses compatriotes sur la Terre :
« Mon souhait a été exhaussé, je suis un cosmonaute. Je voudrais exprimer mes remerciements pour ses heureux moments. »
A l’époque, on racontait que Vladimir Remek avait été choisi parce qu’il était un véritable Tchécoslovaque, sa mère étant tchèque et son père slovaque, en plus commandant des forces aériennes. Pourtant, le journaliste Karel Pacner affirme à la Télévision tchèque que la vraie raison était que Remek était le mieux préparé du point de vue psychique et physique. Une autre raison existait peut-être, mais elle est démentie par Jan Kolář, le directeur actuel du Bureau spatial tchèque :
Vladimír Remek et Alexej Gubarev, photo: CTK
« On disait que les Soviétiques avaient offert ce vol en tant que
dédommagement pour l’invasion d’août 1968. Il ne faut pas oublier,
pourtant, que dans le cadre du programme Interkosmos, c’étaient les
savants tchécoslovaques qui avaient le plus de succès. »
C’est aussi l’avis du président de la Section astronautique de la Société astronomique tchèque, Milan Halousek. Il insiste sur l’importance de la participation tchécoslovaque dans la recherche spatiale, avec des projets comme l’oxygénation des tissus, la reproduction des algues ou la fonte des métaux en état d’apesanteur, dont les résultats servent encore aujourd’hui. Le vol de Vladimir Remek dans l’espace a servi la propagande du régime communiste. Le cosmonaute est devenu une véritable icône. En plus, il était l’exemple vivant de ce qu’on appelait « l’amitié tchécoslovaco-soviétique ». Qu’en pense Vladimir Remek, aujourd’hui eurodéputé représentant le parti communiste ?
Vladimír Remek
« J’ai toujours considéré cette affaire de la manière suivante :
grâce à l’argent de 15 millions de Tchécoslovaques, je suis allé
faire un tour dans l’espace. »
Pour les raisons évoquées plus haut, le vol de Vladimir Remek dans l’espace est toujours perçu d’une manière assez équivoque en Tchéquie. Pourtant, il faut bien se rendre à l’évidence : il y a trente ans, l’ancienne Tchécoslovaquie a été seulement le troisième pays au monde à envoyer un homme dans l’espace. A l’époque contemporaine, la Tchéquie pourra peut-être envoyer un de ses citoyens dans l’espace, grâce à sa participation active au programme européen de recherche spatiale.
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Une délégation de l’UNESCO à Prague pour juger de la façon dont la capitale entretient son patrimoine
Depuis 1992, 866 hectares du noyau historique de Prague figurent sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Le caractère unique de la capitale risque d’être compromis par la construction de gratte-ciels dans les quartiers de Pankrác et d’Holešovice. En outre, à cause des tours qui abîmeraient son panorama, Prague pourrait être rayée de la prestigieuse liste.
Josef Štulc
L’UNESCO a exprimé ses inquiétudes et lancé, il y a un an, un
avertissement sérieux. Le mois dernier, Prague a répondu aux questions
d’experts sur l’entretien du patrimoine et, la semaine dernière, le
directeur du Centre du patrimoine mondial, Francesco Bandarin, s’est
rendu à Prague. Dans quelle mesure la menace de rayer Prague de la liste
de l’UNESCO est-elle réelle ? On écoute Josef Štulc, président de la
section tchèque du Conseil international des monuments et sites :
« Je ne pense pas que Prague soit directement menacée, son potentiel culturel est immense. Je dirais plutôt qu’il s’agit de la part de l’UNESCO d’un acte de prévention et de confrontation d’informations reçues sur l’état réel des choses. Ses experts sont conscients du fait que Prague s’est retrouvée à un carrefour : soit elle suit l’exemple de métropoles comme Shanghai qui sont guidées par les seuls intérêts des développeurs, soit elle sauvegarde son caractère unique comme c’est le cas de Florence ou de Rome, pour que ses valeurs historiques ne deviennent victimes du développement de la ville. »
Le plus haute tour de Prague, la City Tower, se dresse avec ses 109
mètres sur le panorama de Prague depuis 1978 lorsqu’elle a été
construite en tant que bâtiment de la Radio tchécoslovaque. Les autres
tours qui doivent être érigées dans son voisinage, dans le quartier de
Pankrác, ne seront pas aussi hautes. Elles ne dépasseront pas 100
mètres, mais cela devrait être compensé par une architecture frappante
qui nuira tout autant au panorama classique de Prague sur lequel,
justement, l’UNESCO met un accent particulier. Et ce n’est pas le seul
danger, souligne Josef Štulc :
« On continue le même processus entamé sous le régime totalitaire lorsque la position des experts en matière de patrimoine ainsi que celle de l’opinion publique étaient ignorées. Ce qui est pire encore, c’est que la construction des tours à Pankrác a créé un précédent pour l’édification d’un nouveau complexe de gratte-ciels dans le quartier d’Holešovice avec notamment les tours jumelles de 150 mètres de hauteur. Le projet est déjà sur la table et, s’il était réalisé, il modifierait dirctement le caractère du noyau historique de Prague. »
Palladium
Nous rappellerons que d’autres problèmes qui nuisent à l’image de
Prague sont, en partie, hérités du régime précédent : l’émetteur de
Žižkov ou l’autoroute traversant le centre-ville. Les nouvelles menaces
de ces dernières années sont la surélévation de maisons historiques et
la destruction de leurs toits d’origine, ou la construction de parkings
souterrains dans le centre historique lors de laquelle les fondations de
maisons gothiques disparaissent à jamais, comme ce fut le cas avec le
centre commercial Palladium.
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Après les Césars et les Oscars, « La môme » rafle trois Lions tchèques
Retour sur la cérémonie de samedi soir des Lions tchèques, équivalent des Césars français, qui récompensait les meilleurs films de l’année.
Alice Nellis, photo: CTK
Parmi les films distingués, le film ‘Tajnosti’ d’Alice Nellis, qui a
reçu le Lion bien mérité du meilleur film. Celui de la meilleure actrice
a échappé à son interprète principale, Iva Bittová, mais la
concurrence avec une Marion Cotillard oscarisée était rude… En effet :
trois nominations, trois récompenses. ‘La môme’ d’Olivier Dahan a
raflé haut la main les Lions tchèques du meilleur son, de la meilleure
musique… et de la meilleure actrice, pour l’interprétation d’Edith
Piaf par Marion Cotillard. Les Lions tchèques permettent, en effet,
d’intégrer des coproductions à leur sélection. Et ‘La môme’ a
été en partie produite à Prague.
A l’issue de la cérémonie, Radio Prague s’est entretenue avec Edouard Dubois, directeur musical du film, récompensé par un Lion :
« C’est un film qui visiblement a su parler au monde entier, c’est
évidemment très flatteur pour tous ceux qui ont eu la chance d’être
récompensés pour leur travail sur ce film. Ca a été un chantier très
important, c’était un film très difficile à monter. »
Vous parlez des conditions de travail. Vous avez tourné à Prague. Dans votre discours, vous avez dit qu’il y a deux ans jour pour jour, vous tourniez à Prague une scène très importante du film. Pouvez-vous me dévoiler laquelle ?
« Ironie du destin, en effet, il y a deux ans jour pour jour, nous étions dans ce même lieu, le Lucerna, pour tourner une des séquences capitales du film, celle où Edith Piaf tombe sur scène en chantant ‘Padam’. J’étais évidemment loin d’imaginer que, deux ans plus tard, je me retrouverais sur cette même scène pour recevoir une distinction remise par les professionnels du cinéma tchèque. J’en suis extrêmement honoré, d’autant plus honoré que nul n’est prophète en son pays : le film a reçu le BAFTA de la meilleure musique (l’Académie britannique des arts de la Télévision et du Film, ndlr), il a remporté trois Lions en Tchéquie, en France, la musique n’a même pas été soumise au vote de l’Académie des Césars. »
Marion Cotillard, photo: CTK
C’était important pour vous de venir à Prague pour les Lions tchèques ?
« C’était essentiel. Déjà, j’étais nominé pour ce prix. Or, souvent, pour les postes musicaux, seul le compositeur est nominé. Et en ma qualité de directeur musical, j’ai été sélectionné par l’académie tchèque. C’est donc un honneur. Et cette ville a été pour moi extrêmement marquante. Ce tournage de ‘La môme’ a été très intense. Ca fait douze ans que je fais ce métier et c’est le chantier le plus lourd et le plus périlleux que j’ai eu à affronter. Jusqu’au dernier moment, jusqu’au dernier jour de finition du mixage, je n’étais même pas sûr que ça puisse marcher. Et c’est en voyant le film dans sa continuité après avoir passé un an et demi en préparation, en tournage, en montage pour adapter les play-back, et la performance de Marion Cotillard, il a fallu des ajustements microscopiques sur chaque syllabe – et ça, personne ne s’en rend compte et c’est vraiment là la magie de notre métier. »
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